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Mercato - OM : Vente, Ajroudi, Arabie saoudite... Les zones d'ombres du projet XXL de Boudjellal

Vendredi, Mourad Boudjellal a annoncé son implication dans un projet pharaonique en vue d'un éventuel rachat de l'OM grâce à des fonds du Moyen-Orient. Cependant, plusieurs zones d'ombre planent sur cet intérêt.

Ce n'est plus un secret depuis ce vendredi, Mourad Boudjellal mène un projet d'achat soutenu par des fonds du Moyen-Orient pour l'Olympique de Marseille. L'ancien président du club de rugby de Toulon multiplie les interviews depuis un peu plus de 24 heures pour affirmer sa détermination et celles des acheteurs supposés dans ce dossier, qui seraient prêts à investir la somme colossale de 700M€ pour le club. 300M€ pourraient être utilisés pour convaincre Frank McCourt de lâcher l'OM, 200M€ pour éponger les dettes et 200M€ pour le mercato. « Quand on aspire à faire une offre d'achat et gérer l'OM, ​​il faut avoir les moyens », soutient Boudjellal ce samedi dans les colonnes de L'Équipe. Interrogé un peu plus tard par France Info, le Varois s'est dit confiant sur l'issue de ce dossier, d'autant qu'il n'a « rien à perdre ».

Le grand flou autour de Mohamed Ayachi Ajroudi et son offre

La veille, Mourad Boudjellal lâchait sa bombe en expliquant que l'offre provenait de fonds « étatiques et privés » du Moyen-Orient provenant « du pétrole, de l’eau, de l’énergie », et porté par un homme d’affaires tunisien « très important ». Derrière cet intérêt se cacherait plus précisément Mohamed Ayachi Ajroudi, à la tête aujourd'hui de plusieurs sociétés d'envergure internationale comme l'explique La Provence, mais cet intermédiaire fait beaucoup réagir depuis que son identité a été révélée par Le Figaro. « Quand certains disent qu’il arrive avec des fonds saoudiens, je me suis renseigné, c’est bidon. Ce n’est pas encore de l’escroquerie, mais c’est du bluff. Ça n’a rien à voir avec MBS (Mohammed bel Salmane, le prince de l’Arabie Saoudite). C’est quelqu’un qui s’invente une histoire, beaucoup de choses. Il n’est pas du tout dans les petits papiers de l’Arabie Saoudite », explique pour sa part le journaliste Thibaud Vézirian, très actif sur ce dossier vente de l'Olympique de Marseille. Interrogé par Challenges vendredi, un businessman français assure également qu'Ajroudi n'est pas impliqué dans les affaires de la famille royale saoudienne : « Ses réseaux sont surtout liés à l’ancien roi (Abdallah ben Abdelaziz al Saoud, disparu en 2015). Ajroudi n’est pas en cour auprès de Mohammed ben Salmane. » De quoi s'interroger sur la provenance des 700M€ évoqués pour la reprise du club phocéen comme le souligne cette même source : « Pour qu’une telle somme sorte aujourd’hui d’Arabie saoudite, elle doit être validée par le gouvernement. Or, les Saoudiens, via leur fonds souverain (PIF), sont en discussions pour racheter Newcastle. Il est très peu probable que les autorités valident deux rachats simultanés. Pour mener une telle opération, il faut être dans les petits papiers de ‘MBS’ et du pouvoir. Or, ce n’est pas le cas d’Ajroudi ». Par ailleurs, un proche de la banque Rothschild assure qu'il n'y a « strictement rien », alors que celle-ci aurait été mandatée pour cette vente selon plusieurs médias, même si Mourad Boudjellal n'a pas voulu confirmer l'implication de la banque d'affaires ce samedi dans des propos accordés au Phocéen.

L'OM dément, comme l'avait prévu Boudjellal

Une grosse incertitude règne donc, tandis que de son côté, l'OM continue de nier en bloc une future vente. Après une première annonce du club à Challenges vendredi soir, Jacques-Henri Eyraud en a remis une couche en conférence de presse ce samedi : « Le vif du sujet n'est pas ce que j'ai pu lire dans la presse au sujet de cette énième rumeur de cession de l'OM. Je remercie tous les gens qui portent un intérêt, y compris financier pour l'OM. Nous ne sommes pas intéressés à la cession de l'OM, l'OM n'est pas à vendre ». Une réponse à laquelle s'attendait de toute manière Mourad Boudjellal, interviewé quelques minutes auparavant par Le Phocéen : « J'imagine qu'ils diront que le club n'est pas à vendre. Je sais que le président Eyraud a mon portable, mais depuis hier ou avant hier je n'ai pas allumé le numéro qu'il possède, car il a tellement sonné, c'était invivable ». La sortie de Jacques-Henri Eyraud n'a donc pas dû contrarier l'ancien président du RCT, à la différence des supporters de l'OM qui fantasment depuis plusieurs mois sur l'arrivée d'un investisseur à la hauteur de leurs ambitions. À en croire Boudjellal, une offre concrète sera formulée à Frank McCourt la semaine prochaine, l'occasion d'en savoir plus sur ce projet pharaonique qui fait autant rêver que douter.

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