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Mercato - OM : Un énorme coup de bluff de l'Arabie Saoudite avec Frank McCourt ?

Alors que les rumeurs sur la vente de l'OM continuent de se multiplier, les plans de l'Arabie Saoudite, et notamment du prince Mohammed Ben Salmane, commencent à être dévoilés.

« L’OM est vendu, et l’officialisation est pour bientôt. Ça a pris du temps parce que McCourt a agacé les acheteurs, à vouloir sortir par la grande porte et faire croire que c’est lui qui va permettre à l’OM de se relever... D’après ce que je sais, il va peut-être garder un petit pourcentage contre certaines contreparties ». Une source proche du dossier de la vente de l’OM a lâché une véritable bombe dans les colonnes de So Foot. Alors qu’il avait assuré que son club n’était pas à vendre, Frank McCourt aurait accepté de passer la main. Une nouvelle confirmation après les propos tenus par Thibaud Vézirian en février dernier : « J’ai l’assurance que la cession est actée, que l’acte de cession est signé. Les démentis ? C’est classique dans les histoires de vente puisque le club a un processus d’officialisation ». Si l’on en croit ces informations, l’OM pourrait passer sous pavillon saoudien. Le nom d’Al Walid Bin Talal est évoqué depuis de nombreux mois pour prendre la place de Frank McCourt. Annoncé un temps à Newcastle, l’Arabie Saoudite souhaite mettre la main sur un club de football, dans un but purement politique.

« L’OM, il s’agit peut-être d’un coup de bluff »

Selon Raphaël Le Magoariec, doctorant en géopolitique du Golfe spécialisé dans le sport, le football a notamment pour vocation à légitimer les personnes au pouvoir : « Pour les pays du Golfe, le sport représente une sphère symbolique, un espace de mise en scène de leur identité nationale, avec un folklore (musique, danse, animaux) et des éléments géographiques constitutifs (désert, oasis, mer). C’est un récit national qui est conté. Il s’agit de légitimer par ce récit la famille régnante à travers une mise en scène de l’historiographie officielle.  Derrière cette volonté de développer l’activité physique – notamment car l’obésité est évaluée à 40% de la population , il y a le désir d’inculquer à la jeunesse des valeurs positives et collectives véhiculées par le sport. Une société heureuse, c’est s’assurer une plus grande facilité de gouvernement, une population moins sensible aux idées de révolte (…) La politique sportive de l’Arabie saoudite sert aussi à susciter la consommation des Saoudiens » a-t-il confié dans les colonnes de So Foot. Pour toutes ces raisons, l’Arabie Saoudite souhaite s’offrir un club de football, afin notamment de redorer son image auprès des pays étrangers et notamment européens. L’OM pourrait bien être un moyen et intéresserait d'ailleurs les investisseurs saoudiens, même si Raphaël Le Magoariec n’exclut pas un énorme coup de bluff : « Le moment d’après épidémie est propice aux investissements et notamment dans le domaine du divertissement. Mais l’OM, il s’agit peut-être d’un coup de bluff, lors d’une période d’instabilité vécue par le football européen, pour tenter d’acquérir un grand club français. »

Mohammed Ben Salmane, le véritable instigateur ?

Prince héritier d’Arabie Saoudite, Mohammed Ben Salmane semble décidé à investir dans le football. « OM ou pas, ils veulent imposer une nouvelle image reliée à la "Vision 2030", une sorte de nouveau Dubaï. La génération a changé. Avec MBS, c’est du sérieux » a-t-il rajouté dans So Foot. Al Walid Bin Talal ne serait qu’une simple couverture afin de « masquer le vrai visage des investisseurs pour se protéger en cas d’échec ». Il faut dire que la relation entre Al Walid Bin Talal et Mohammed Ben Salmane est assez complexe. Les hommes du prince héritier avaient, en 2017, détenu son cousin au Ritz durant 83 jours, tout cela dans un contexte de corruption au sein du pouvoir. Libéré en janvier 2018, Al Walid Bin Talal avait annoncé que tout s’était réglé par un « arrangement confidentiel », mais Mohammed Ben Salmane garderait la main mise sur lui. « C’est difficile d’imaginer qu’Al Walid puisse dépenser une telle somme (pour racheter l’OM ndlr) sans l’aval de MBS » a déclaré Safa Al Ahmad, directrice d’ALQST, une organisation de défense des droits de l’homme. « C’est une vente publique, un truc politique. Ça me paraît impossible sans ordre direct de MBS. Surtout après que MBS n’a pas réussi à acheter Newcastle, ce serait très étonnant qu’Al Walid ose le défier sur ce terrain en achetant un club de foot de lui-même. Pour moi, Al Walid est une couverture, je ne pense pas qu’il ait franchement le choix » confie de son côté le directeur de la communication d’ALQST Abdulaziz Almoayyad. Et si Mohammed Ben Salmane tirait les ficelles depuis le début ?

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