«J'étais proche de le faire…» : Cette décision qui aurait pu être fatale à Uini Atonio
Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).

Cette semaine, le Stade Rochelais a annoncé la fin de carrière d’Uini Atonio, hospitalisé cette semaine après un accident cardiaque obligeant l’international français à prendre sa retraite. Le pire a été évité avec le pilier droit, forfait de dernière minute le week-end dernier en Top 14 contre Clermont…

C’est une nouvelle qui a bouleversé le monde du rugby cette semaine. Uini Atonio, emblématique pilier droit du Stade Rochelais et figure phare du XV de France, est contraint de mettre un terme à sa carrière. Forfait pour le match du week-end dernier en Top 14 et pour le début du Tournoi des Six Nations contre l’Irlande, le joueur de 35 ans avait été hospitalisé mardi pour des « examens médicaux » qui ont ont confirmé un accident cardiaque, a fait savoir son club cette semaine. « Son état est aujourd'hui stable et il demeure, sous surveillance, en soins intensifs », pouvait-on lire dans le communiqué, où il était précisé qu’Uini Atonio « devra observer une longue période de convalescence ».

« « Difficile de voir Uini dans un petit lit avec des fils partout »

L’émotion est grande après l’annonce de cette nouvelle, comme on a pu le constater ce vendredi lors de la prise de parole de Ronan O’Gara. « Mardi, on n'avait pas le sourire, c'était un peu l'inverse. On avait beaucoup de peur quand on a vu Uini. Il n'y avait pas beaucoup de visibilité sur le sérieux de la situation. On était tous pris par l'émotion et le scénario. C'était horrible, a indiqué l’entraîneur du club rochelais, rapporté par L’Équipe. Depuis, je suis un peu dans les nuages. Je ne suis pas trop en contrôle cette semaine, parce que c'est difficile de voir Uini dans un petit lit avec des fils partout... (Il marque une pause, les yeux humides) Mais il va bien. »

« Ce n'est pas facile de digérer ça »

Rassuré par l’état de santé de son joueur, Ronan O’Gara n’a pu s’empêcher d'imaginer les conséquences dramatiques qu’aurait pu avoir une titularisation d’Uini Atonio dimanche dernier. « J'avais le même sentiment avec Anthony Foley (décédé brutalement à 42 ans avant le match de Coupe d'Europe du Munster face au Racing en 2016), quand j'étais dans le staff du Racing. Malheureusement, il n'est plus là. C'est pour ça que ma femme et moi, on a très peur. Je suis le manager. Imagine si je fais jouer Uini à Clermont (dimanche dernier). Il se passe quoi ? J'étais proche de faire ça donc... Ce n'est pas facile de digérer ça. J'ai une énorme responsabilité envers mes joueurs. Je suis soulagé qu'il soit à un bon endroit en ce moment. Mais c'est super difficile. C'est quelqu'un à qui tu aimerais faire des câlins tout l'après-midi. Et je ne peux pas. Je pense à sa femme et ses enfants. C'est tellement triste », a conclu l’entraîneur rochelais.