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Après la descente en Ligue 2, les supporters sèment le chaos

La descente en Ligue 2 n'est pas passée auprès des supporters de l'ASSE présents au stade Geoffroy-Guichard ce dimanche. Certains d'entre eux ont pénétré sur la pelouse, dès la fin de la rencontre, pour s'en prendre aux joueurs, qui ont dû se réfugier dans les vestiaires. Des scènes de chaos, qui pourraient être lourdes de conséquences pour les Verts.

Après 1962, 1984, 1996 et 2001, l'ASSE va descendre pour la cinquième fois de son histoire en Ligue 2. Battu par l'AJ Auxerre lors de la séance des tirs aux buts (1-1 au coup de sifflet final), le club stéphanois n'est pas parvenu à sauver sa peau dans l'élite. C'était attendu, quelques minutes après le coup de sifflet final, des supporters se sont rendus sur la pelouse pour exprimer leur mécontentement. Certains munis de fumigènes et de feux d'artifice ont voulu s'en prendre aux joueurs, qui n'ont eu d'autres choix que de se réfugier dans les vestiaires. Le bouclier de CRS positionné devant les tribunes n'a pas pu stopper l'envahissement de terrain. « En dépit d’un dispositif exceptionnel et renforcé, de près de 500 agents, de nombreux supporters ont envahi la pelouse au coup de sifflet final de la rencontre contre l’AJ Auxerre. Certains se sont rendus ensuite coupables de plusieurs dégradations et d’actes de violence en direction des acteurs du jeu, des agents de sécurité, des forces de l'ordre et du public de la tribune Pierre-Faurand. L’ASSE condamne fermement ces agissements, apporte tout son soutien aux personnes touchées et entamera les procédures judiciaires qui s'imposent » peut-on lire dans un communiqué publié par l'ASSE. La préfecture de la Loire a annoncé que quatorze policiers et supporters, mais aussi deux joueurs de l'AJ Auxerre ont été légèrement blessés. Parmi eux, la fille en bas âge de Zaydou Youssouf, qui s'est retrouvé en insuffisance respiratoire à cause des gaz. A l'extérieur, la tension n'est pas redescendue. Certains hommes ont détérioré la voiture des joueurs et ont échangé quelques coups avec des stadiers comme le raconte L'Equipe. Un escadron de gendarmes mobiles est ensuite arrivé aux abords du stade pour ramener le calme.

« J'ai flippé, car je ne sais pas combien j'en ai pris sur la gueule»

Entraîneur de l'AJ Auxerre, Jean-Marc Furlan n'a pas caché sa tristesse après ces incidents. « J'ai flippé, car je ne sais pas combien j'en ai pris sur la gueule. J'ai pleuré. Les joueurs aussi. On est tous rentrés rapidement et on a eu peur qu'il en manque. On les a tous comptés. Quelque part, j'ai envie de vous dire que ça n'existe que chez nous, car il y a des pays, notamment en Angleterre où ça a été dramatique, qui ont complètement éteint tout ça. Chez nous, il y a eu beaucoup de violences dans nos stades ces derniers mois, sans qu'on n'ait pu les réfréner. C'est un peu triste et je ne sais pas comment éradiquer la violence répétitive du public en France » a confié le technicien après la rencontre.

« Le retour au calme et à l’apaisement est nécessaire »

Maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau a également pris la parole pour dénoncer les violences, mais aussi pour déplorer les résultats insuffisants de l'ASSE cette saison. « Malgré la tristesse, la colère et la frustration que peut engendrer ce soir la descente en Ligue 2 de l’ASSE, à l’issue du match retour de barrage et d’une séance de penalties cruelle, je ne peux que condamner les actes dangereux, avec des tirs directs de fumigènes visant du public, qui ont suivi la rencontre et qui auraient pu avoir des conséquences dramatiques, ainsi que les dégradations et actes de vandalisme qui ont eu lieu au sein et autour de Geoffroy-Guichard, le stade de la métropole stéphanoise. Le retour au calme et à l’apaisement est nécessaire. Dans ce genre de situation, il faut, en revanche, avoir le courage de dire clairement qu'il s'agit d'une faillite collective. Des choix sportifs hasardeux, un effectif de qualité mais dont la trop grande jeunesse, aura été préjudiciable, faute d'une expérience suffisante, aux moments décisifs de la saison. Des choix de gestion complexes à comprendre et qui ont conduit à la mise en vente du club et les nombreuses rumeurs qui en ont découlé et que l'on entend régulièrement. Cette clarification, que je demande personnellement depuis plus d'un an, est désormais d'autant plus indispensable qu'elle apparaît comme une condition incontournable avant d'évoquer l'avenir du club. En effet, il faut tirer tous les enseignements et toutes les conséquences de ce lourd échec sportif, afin que le club puisse enfin repartir sur de nouvelles bases solides, avec un véritable projet sportif viable et sérieux, qui puisse enfin donner des perspectives sur le long terme » a-t-il confié sur les réseaux sociaux. La commission de la LFP s'est saisie de ce dossier et devrait statuer en juin prochain. Un retrait de points pour la saison prochaine est évoqué.

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