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Tennis

Tennis : Kyrgios, Medvedev… Les salles gosses ?

Une nouvelle génération de tête brûlée émerge sur le circuit. Et si ça ne plaît pas toujours aux organisateurs qui répondent à coup d’amendes, ce petit vent d’impertinence ne peut-il pas devenir le nouveau bain de fraîcheur du tennis ?

Dans le cadre strict et codifié du tennis, les personnalités « atypiques » ont rarement la place pour pouvoir s’installer, exister et durer. Ou alors à condition de respecter les normes en vigueur. Celle de la discipline comme celles des différents tournois, dont les traditions sont aussi sacrées que le règlement suivi à la lettre par les arbitres. Novak Djokovic a notamment réussi à devenir une star du circuit en restant le pitre des cours qu’il aime à être, non sans lisser progressivement son image lorsqu’il a commencé à dominer la concurrence de la tête et des revers slicés. Mais désormais, la catégorie des « salles gosses » déplace le curseur un peu plus loin dans l’impertinence et la « folie ».

Un doigt d’honneur en se grattant la tête

Ils s’appellent Daniil Medvedev ou encore, et surtout, Nick Kirgios. 23 ans pour le Russe, 24 ans pour l’Australien. Cet été a été le théâtre, et leur scène ouverte, de frasques en série. Medvedev a notamment fait parler de lui à l’US Open. Hué par le public après plusieurs comportements limites (il a notamment jeté une serviette à la tête d’un ramasseur de balle qui lui apportait de quoi s’essuyer sans que le Russe lui ait demandé), le n°5 Mondial a pris le micro pour remercier les gens de l’avoir sifflé et de lui avoir donné « l’énergie pour gagner ». Le tout en plaçant un petit doigt d’honneur, discret, au moment de se gratter la tête. Un pied de nez magistral qui lui a valu plusieurs broncas maison du public américain… Mais ce n’est rien à côté du sulfureux Nick Kyrgios. Entre ses coups de colère contre les arbitres, ses pas de danse quand il gagne et ses frasques en tout genre, il est devenu la nouvelle terreur du circuit.

Les nouveaux « McEnroe » ?

L’irrévérence de la « Next Gen » (Nouvelle génération) est-elle une bonne nouvelle pour le tennis ou le début d’une dérive à endiguer rapidement ? Dans les années 1970/1980, le monde de la petite balle jaune a vécu au rythme des clashs légendaires entre Jimmy Connors et John McEnroe (En 1982, à Chicago, Connors a même traversé le terrain pour venir expliquer sa façon de penser à McEnroe, à deux doigts d’en venir aux mains…). Depuis, le circuit s’est considérablement aseptisé. Et les institutions, à commencer par l’ATP, font pour tout pour qu’aucun joueur ne sorte du cadre. Ça répond à coup d’amendes et de sanctions dissuasives. Mais par pour les nouveaux « McEnroe », les « sales gosses » en puissance que sont Medvedev ou Kyrgios, visiblement enclin à être sur le terrain comme ils sont dans la vie. Sans filtre. « Le comportement de Daniil ne reflète pas du tout son tennis, a récemment expliqué la légende Mats Vilander. C'est pourquoi je suis impressionné par la façon dont il gère le public de New-York. Il arrive à mettre le feu que son tennis ne possède pas. Il utilise la foule pour devenir encore plus fou. Être populaire, exactement comme Lendl avant lui, c'est sûr qu'il s’en fout ». Un Ivan Lendl, justement, pas vraiment en accord avec les méthodes utilisées par l’ami Kyrgios : « Il aurait pu ou pourrait encore devenir un immense champion avec ses capacités au service et son jeu. Mais son cerveau lui fait obstacle pour l'instant ».

Sois bon et ne te tais pas

Clairement, Medvedev et Kyrgios apportent un petit vent de « fraîcheur » et dépoussièrent (parfois corrosivement) les tournois auxquels ils participent. Certains spectateurs viennent même spécialement pour voir les nouveaux trublions du tennis à l’œuvre. L’unique souci reste quand le frasque prend le pas sur le jeu. Et les performances. C’est souvent le cas pour Kyrgios, qui sait briller par son talent mais qui le perd encore trop dans ses coups de sang et autres artifices. Medvedev s’en sort mieux, pour le coup, avec une prochaine participation aux Masters. Car pour devenir le nouveau McEnroe, il ne faut pas uniquement savoir faire le pitre. Il faut être bon. Gagner. Et ensuite amuser la galerie. Dans cet ordre, c’est mieux.

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