Alors que Tadej Pogacar était apparu indestructible durant le Tour de France 2025, son attentisme en troisième semaine ayant été décrit dans les médias par sa grande lassitude devant sa domination, la réalité s'est avérée bien différente après la course : le maillot jaune a connu une dernière semaine très compliquée, comme le staff de l'équipe UAE l'a reconnue par la suite. Le Slovène l'a évoqué à son tour ces derniers jours dans les colonnes du quotidien Marca et sa réponse est pleine d'enseignements...
Au milieu de la troisième semaine du Tour de France, alors que l'équipe Visma-Lease A Bike venait de renoncer inexplicablement à sa grande offensive programmée, persuadée qu'il n'y avait rien à faire face à Tadej Pogacar et que mieux valait gérer la deuxième place de Jonas Vingegaard, le10sport.com avait émis l'hypothèse que la formation hollandaise avait lâché l'affaire bien trop vite alors que les signaux n'apparaissaient pas si défavorables. Une hypothèse renforcée par le scénario de la dernière étape, au cours de laquelle Wout Van Aert avait sorti le maillot jaune de sa roue lors de la dernière montée de la rue Lepic pour aller lever les bras sur les Champs, et par le soulagement apparent du Team UAE à l'arrivée qui expliquait deux jours plus tard que son leader allait renoncer à la Vuelta pour se régénérer physiquement.
Un grand décalage entre le témoignage de Wellens et le récit de Pogacar !
Depuis, le staff de l'équipe UAE avait reconnu que bien loin de gérer la troisième semaine, Tadej Pogacar, que l'on décrivait alors comme lassé par sa domination, était en fait en situation de grande difficulté, ce que l'intéresse avait admis aussi à demi-mots. Quelques semaines plus tard, Tim Wellens, coéquipier et ami du champion, avait donné plus de détails : « Il me semble que Tadej en a parlé, donc on peut le dire maintenant. Sur l'étape de Valence, il me dit : ''Tim, on a un problème j'ai super mal au genou''. A tel point qu'il est descendu jusqu'à la voiture du médecin pour se faire ausculter. Il est allé à l'hôpital après la course pour passer des examens, ils lui ont trouvé une inflammation ou quelque chose dans le genre, et personne ne l'a su ! J'étais persuadé que ça fuiterait. Il a beaucoup souffert, on avait des doutes sur sa capacité à aller au bout. On a pensé à son abandon. Dans le bus, on voyait que son corps n'était pas bien, il était tout liquide. C'était un soulagement de le voir tenir jusqu'à Paris. Et c'était un soulagement qu'il ne lâche pas en montagne. Tout le monde se demandait pourquoi il n'attaquait pas, en fait, c'était compréhensible. Après on s'inquiétait pour lui physiquement, mais mentalement, j'étais étonné de lire qu'il avait hâte de rentrer à la maison. Parce qu'entre nous, on s'amusait vraiment ».
Tant que ses adversaires croient au Pogacar indestructible...
Il y a quelques jours, à l'occasion d'un entretien accordé au quotidien sportif espagnol Marca, Tadej Pogacar est revenu sur cette troisième semaine du Tour de France : « Oui, c'était très dur, le moment le plus difficile. La blessure n'était pas grave, une simple éraflure musculaire. Plus que douloureuse, c'était agaçant et inquiétant, car si ça avait empiré, je n'aurais pas pu continuer ni suivre mes rivaux. Heureusement, la douleur n'était pas trop forte et j'ai pu gérer la course comme je le souhaitais. J'aurais adoré gagner une autre étape dans les Alpes, au Col de la Loze ou à La Plagne, car c'étaient de magnifiques étapes, mais je n'ai pas pu. Malgré ce petit contretemps, j'ai très bien géré la dernière étape et je suis content du résultat ». Ce qui frappe immédiatement à la lecture des mots du Slovène, c'est le décalage entre son récit, qui décrit presque quelque chose d'anecdotique, et le témoignage de Wellens, qui raconte une gravité et une souffrance bien plus intenses. Il démontre que le double champion du monde, en grand communiquant, vise à ne jamais montrer le moindre signe de faiblesse pour maintenir ses adversaires dans la conviction qu'ils ne peuvent rien faire contre lui. Cela a fonctionné à plein avec la Visma-Lease A Bike l'été dernier, et Pogacar n'a visiblement pas envie que cela change...