Si on parle beaucoup actuellement de Paul Seixas et de son éclosion face à Pogacar, qui pourrait l'amener face au Slovène pour la conquête du maillot jaune sur les routes du mois de juillet, Jonas Vingegaard n'en poursuit pas moins son petit bonhomme de chemin loin des écrans radars. Et à l'image de ce qu'il montre sur Paris-Nice, le leader danois apparaît dans les temps pour son projet de doublé Giro-Tour...

Jonas Vingegaard est apparu sous un jour nouveau en ce début de 2026. Désireux de tout modifier pour briser la spirale de la défaite dans laquelle il était enfermée face à Tadej Pogacar, Vingegaard n'a pas caché qu'il retrouvait une nouvelle motivation en changeant totalement son approche du Tour de France, passant au préalable par la case Giro, où il visera aussi la victoire finale. Le leader danois avait ainsi confié il y a quelques semaines sa conviction qu'il s'agissait du meilleur moyen pour lui de performer au Tour de France : « J'ai déjà gagné le Tour de France et le Tour d'Espagne. Désormais, je veux faire pareil en Italie. Cela fait quelque temps déjà que j'envisage de courir le Giro. C'est l'une des plus grandes courses au calendrier, et je ne l'ai jamais disputée. Je veux vraiment la découvrir, et désormais, cela m'apparaît comme le bon moment. Remporter la Vuelta l'an dernier n'a fait qu'augmenter ma motivation de jouer la victoire en Italie. J'adorerais ajouter le maillot rose à ma collection. Pour autant, pour moi, une vraie saison réussie dépend toujours de la victoire au Tour de France. Célébrer une nouvelle victoire à Paris est toujours quelque chose auquel je rêve. Remporter le Tour une troisième fois, ce serait incroyable. Le focus, c'est le Giro dans un premier temps, et dans un deuxième temps, le Tour. Ce sont deux grands objectifs, et je suis extrêmement motivé. Je suppose qu'à force de répéter les mêmes choses chaque année, on finit par s'enfermer dans le même rôle et à faire la même chose d'année en année. Ce n'est pas que je manque de motivation, loin de là, mais c'est plutôt que parfois, on a besoin de nouveauté pour raviver sa motivation. C'est ce que nous faisons en ce moment et je sens que j'ai retrouvé une énergie que je n'avais pas eue depuis quelques années. En fait, j'ai ressenti cette énergie dès que j'ai repris l'entraînement. Même avant, car nous avions le programme, pas encore finalisé, mais le Giro et le Tour étaient déjà programmés entre fin octobre et début novembre. Nous savions déjà à ce moment-là que c'étaient les deux objectifs principaux. Ensuite, bien sûr, la question de la préparation est venue un peu plus tard. Mais dès lors, j'étais très motivé pour cette année ».
« Je savais que la forme était là »
Seulement ces déclarations d'intention avaient besoin de se confirmer dans les faits. La prestation solide de Jonas Vingegaard hier à l'occasion d'une quatrième étape absolument dantesque sur Paris-Nice, tant du fait de la météo que du scénario de course, créant des écarts considérables à l'arrivée, à tel point que son avance au classement général est désormais énorme, confirme que le Danois est tout à fait dans le temps pour son projet de doublé Giro-Tour.
« C'est la meilleure façon possible de lancer ma saison ! »
A l'arrivée, le leader du Team Visma-Lease A Bike ne s'y trompait pas, cette victoire va lui faire un grand bon en avant pour la confiance, comme il l'a affirmé dans des propos rapportés par cyclismactu.net : « Je savais que la forme était là, mais la journée a été d'une dureté extrême. Je tiens d'ailleurs à souligner le travail fantastique d'Edoardo Affini à mes côtés. Le début d'étape était particulièrement chaotique et nerveux, alors je suis vraiment soulagé et heureux d'avoir pu m'imposer. C'est un moment fort. Un goût de revanche par rapport à l'an dernier ? C'est certain. L'an passé, je portais le maillot jaune quand j'ai chuté et dû quitter la course. Revenir ici, gagner une étape en solitaire — ma première sur Paris-Nice hors contre-la-montre par équipe — c’est une satisfaction immense. C'est la meilleure façon possible de lancer ma saison ».