A l'occasion des Strade Bianche, Tadej Pogacar est apparu avec les cheveux teintés en blond. Suffisant pour relancer certaines rumeurs de dopage, les teintures étant soupçonnés dans les années 90 de masque certains produits. Le médecin français Jean-Pierre de Mondenard a répondu aux interrogations à cet effet au micro de Sports.fr.

Tadej Pogacar est apparu samedi dernier au départ des Strade Bianche avec une nouvelle coupe de cheveux, et surtout une nouvelle coureur, teintée en blond. Un choix capillaire que certains observateurs n'ont pas manqué d'associer avec le soupçon qui courait dans les années 90 que les teintures de cheveux permettait de masquer certains produits dopants. Si un tel lien n'a jamais été avéré factuellement, la nouvelle teinture de Pogacar a remonté cette idée à la surface.
« Problème : aucune preuve scientifique ne relie coloration capillaire et dopage »
Autant d'éléments qui ont incité Jean-Pierre de Mondenard, médecin français spécialiste des questions relatives au dopage, à réagir sur X, comme relayé par Sports.fr : « La domination de Tadej Pogacar sur les Strade Bianche, les classiques et le Tour de France donne de l’urticaire aux haineux du vélo. Pour confirmer leur certitude qu’il est dopé, certains s’appuient… sur ses cheveux blond peroxydé ! »
« La décoloration de Pogacar est récente, alors que sa domination dure depuis des années »
Pour Jean-Pierre de Mondenard, aucun élément factuel ne permet de faire un tel lien : « Problème : aucune preuve scientifique ne relie coloration capillaire et dopage. D’autant que la décoloration de Pogacar est récente, alors que sa domination dure depuis des années. L’EPO, produit phare du dopage des sports d’endurance comme le cyclisme, en raison de sa taille, n’est pas détectable par analyse capillaire. Et puis des poils, il y en a partout… pas seulement sur la tête. Pour quelques drogues (cocaïne, opiacés), décolorer les cheveux peut réduire de 60 à 90 % les traces détectables. Mais ces substances sont rarement utilisées pour la performance car elles sont facilement repérables lors des contrôles urinaires antidopage. Le footballeur Antoine Griezmann joue depuis des années avec des cheveux rose fluo. Curieusement, personne n’y voit un indice de dopage alors que le football n’est pas épargné par la médicalisation de la performance ».