Comme il l'a fait auparavant avec tous ses rivaux, Tadej Pogacar tente d'imposer une domination autant sportive que psychologique sur le nouveau concurrent de taille apparu face à lui, Paul Seixas. On en avait eu une première preuve la semaine précédant leur première confrontation de l'année sur les Strade Bianche, on en a eu une seconde pendant la course, comme l'a analysé l'ancien coureur Laurens Ten Dam...

Il était certain que Tadej Pogacar, quand bien même il ne l'avait pas commentée, avait noté l'explosion au plus haut niveau de Paul Seixas en ce début de saison, et ce alors qu'il n'est âgé que de 19 ans, au point qu'il en arrive à déjà approcher le niveau du Slovène. On en avait eu un premier élément de preuve quelques jours avant les Strade Bianche, où les deux allaient se retrouver face à face. En effet, alors que Seixas venait de tout casser sur la Faun Ardèche Classic, concassant des coureurs de la trempe de Matteo Jorgenson ou d'Egan Bernal pour l'emporter au terme d'un raid solitaire de 50 kilomètres à la Pogacar, le leader slovène, sans avoir l'air d'y toucher comme à son habitude, avait répondu en postant sur Strava son temps d'ascension de la Cipressa lors d'une sortie d'entraînement durant la semaine, battant son propre record de six secondes, record datant du Milan San Remo de l'an dernier...
Pogacar adepte de la bataille psychologique à l'intention de ses concurrents
Le message subliminal à l'intention du Français était on ne peut plus claire : Je suis plus que prêt, et si tu veux me battre, tu vas devoir te lever tôt. Fidèle à son habitude, Pogacar cherche à travailler psychologiquement ses adversaires pour les matraquer avant le combat, les conditionner à accepter sa domination. Durant la course, Pogacar a livré un deuxième volet de cette bataille psychologique face à Paul Seixas, comme l'a relevé l'ancien coureur Laurens Ten Dam sur le podcast Live Slow Ride Fast, comme relayé par cyclinguptodate.com.
Son comportement dans le moment clé des Strade Bianche dit tout...
Laurens Ten Dam a ainsi analysé, en observant le comportement de Pogacar dans le moment clé du Mont Sainte-Marie, celui où il se détache et fait un effort maximal pour ne pas permettre à Seixas de rester avec lui alors qu'il n'était plus que deux devant à 80 kilomètres de l'arrivée et qu'il n'y avait pas forcément d'urgence à s'isoler, d'autant qu'il y avait seul juste derrière son équipier Isaac Del Toro : « Clairement, il ne voulait pas de Seixas à ses côtés. Pogacar veut marquer son territoire si clairement que les autres n'osent même pas essayer. Comme ça, tout le monde se bat pour la deuxième place ».