Cyclisme : « Si l'équipe jouait la deuxième place derrière Pogacar... », la confidence d'un équipier de Vingegaard
Alexandre Higounet

Lorsqu'il a annoncé son intention de courir à la fois le Tour d'Italie et le Tour de France en 2026, Jonas Vingegaard a certifié qu'il avait l'ambition de gagner les deux. Et qu'en aucun cas, il ne renonçait à la conquête du maillot jaune face à Tadej Pogacar. Une position qui a été fermement confirmée par Victor Campenaerts, l'un des solides équipiers du leader danois sur la Grande Boucle...

Lorsqu'il a annoncé la semaine dernière qu'il allait disputer le Tour d'Italie et le Tour de France en 2026, Jonas Vingegaard l'a certifié, c'est bel et bien dans l'idée de remporter les deux, ajoutant même que ce changement d'approche du Tour l'avait regonflé à bloc, suscitant chez lui une nouvelle motivation : « Pour moi, une vraie saison réussie dépend toujours de la victoire au Tour de France. Célébrer une nouvelle victoire à Paris est toujours quelque chose auquel je rêve. Depuis cinq ans, ma préparation a toujours été plus ou moins la même. Cette fois, j'ai décidé d'innover. Remporter le Tour une troisième fois, ce serait incroyable. La course s'annonce différente des autres années. Les écarts devraient y être plus serrés. Le focus, c'est le Giro dans un premier temps, et dans un deuxième temps, le Tour. Ce sont deux grands objectifs, et je suis extrêmement motivé. Je suppose qu'à force de répéter les mêmes choses chaque année, on finit par s'enfermer dans le même rôle et à faire la même chose d'année en année. Ce n'est pas que je manque de motivation, loin de là, mais c'est plutôt que parfois, on a besoin de nouveauté pour raviver sa motivation. C'est ce que nous faisons en ce moment et je sens que j'ai retrouvé une énergie que je n'avais pas eue depuis quelques années. En fait, j'ai ressenti cette énergie dès que j'ai repris l'entraînement. Même avant, car nous avions le programme, pas encore finalisé, mais le Giro et le Tour étaient déjà programmés entre fin octobre et début novembre. Nous savions déjà à ce moment-là que c'étaient les deux objectifs principaux. Ensuite, bien sûr, la question de la préparation est venue un peu plus tard. Mais dès lors, j'étais très motivé pour cette année ».

« Si l'équipe se disait : ''Ouf, on va encore essayer de finir deuxième'', je ferais comme Simon Yates et j'arrêterais »

Faut-il croire à cette déclaration d'intention ? Vingegaard vise-t-il vraiment la victoire dans le Tour ou cherche-t-il surtout à sécuriser une victoire dans un Grand Tour, sachant qu'il ne serait pas en mesure de vaincre Pogacar en juillet ? La question, malgré tout, se pose. Et elle a été posée à Victor Campenaerts par le média belge Het Nieuwsblad. Et la réponse du coéquipier de Jonas Vingegaard ne s'est pas fait attendre : « Si l'équipe se disait : « Ouf, on va encore essayer de finir deuxième », je ferais comme Simon Yates et j'arrêterais la compétition. Je ne cours plus pour l'argent. Je ne suis pas richissime, mais je gagne bien ma vie et je compte bien travailler après ma carrière. Et ce n'est pas pour des ambitions personnelles non plus, car je n'en ai plus. Tout ce que je veux, c'est gagner des Grands Tours en équipe. Alors si j'avais l'impression que ce n'était qu'une conférence de presse, je n'aurais plus envie d'y participer ».

« Comment battre Pogacar ? On y réfléchit, les analystes de données de l'équipe ont tout décortiqué »

Pour Campenaerts, il est hors de question d'imaginer courir le Tour de France pour la deuxième place, et selon lui, l'équipe Visma-Lease A Bike n'est absolument pas dans cet état d'esprit au vu du travail de titan effectué en interne pour mieux cerner les forces et faiblesses de Jonas Vingegaard face à Tadej Pogacar : « Comment battre Pogacar ? On y réfléchit. Écoutez, l'an dernier, on a tout fait pour rendre la course extrêmement difficile, et pourtant Pogacar a gagné. Les analystes de données de l'équipe ont tout décortiqué. Combien de temps Jonas a-t-il passé au-dessus de sa FTP (puissance qu'un coureur peut maintenir pendant une heure ) sur le Tour ? Quelle est notre estimation de la FTP de Pogacar, et combien de temps a-t-il passé au-dessus ? Alors, combien de sucre ont-ils brûlé tous les deux ? Se pourrait-il qu'on ait mis Jonas dans un déficit énergétique plus important que Pogacar ? (Il souffle) J'adore travailler avec les données, mais quand j'ai entendu tout ça, j'étais bien content de ne pas avoir à m'en occuper ». En tout cas, la réponse de Campenaerts est claire : la détermination de la formation hollandaise et de son leader pour décrocher le maillot jaune est intacte.

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