Cyclisme : « Pogacar ? La situation se complique d'année en année... »
Alexandre Higounet

Alors que Jonas Vingegaard certifie qu'il garde l'ambition de gagner le Tour de France, malgré une participation préalable au Giro, un obstacle de taille reste en travers de sa route : Tadej Pogacar, qui apparaît plus fort que jamais. Interrogé par Marca, Sepp Kuss, l'un des lieutenants du leader danois, ne cache pas que le sujet Pogacar reste très compliqué à gérer pour les Visma-Lease A Bike.

A l'orée de la saison 2026, Jonas Vingegaard apparaît régénéré. Comme il l'a confié devant les micros, changer son approche du Tour de France, en passant par l'objectif préalable de remporter le Giro, a suscité un véritable enthousiasme chez lui et une nouvelle motivation susceptible de l'amener à son meilleur niveau : « Je suppose qu'à force de répéter les mêmes choses chaque année, on finit par s'enfermer dans le même rôle et à faire la même chose d'année en année. Ce n'est pas que je manque de motivation, loin de là, mais c'est plutôt que parfois, on a besoin de nouveauté pour raviver sa motivation. C'est ce que nous faisons en ce moment et je sens que j'ai retrouvé une énergie que je n'avais pas eue depuis quelques années. En fait, j'ai ressenti cette énergie dès que j'ai repris l'entraînement. Même avant, car nous avions le programme, pas encore finalisé, mais le Giro et le Tour étaient déjà programmés entre fin octobre et début novembre. Nous savions déjà à ce moment-là que c'étaient les deux objectifs principaux. Ensuite, bien sûr, la question de la préparation est venue un peu plus tard. Mais dès lors, j'étais très motivé pour cette année ».

« Chaque coureur a un point faible, un moment de faiblesse, et il s'agit d'exploiter ces situations »

Pour autant, pour ramener le maillot jaune à Paris, Jonas Vingegaard sait qu'il lui faudra dominer Tadej Pogacar. Le challenge est-il réellement atteignable ? La question est posée, comme l'a reconnu aisément Sepp Kuss, l'un des lieutenants du Danois, dans les colonnes du quotidien sportif espagnol Marca : « Comment battre Pogacar ? La situation se complique d'année en année, mais il faut faire preuve d'une grande créativité tactique et repérer les faiblesses. Chaque coureur a un point faible, un moment de faiblesse, et il s'agit d'exploiter ces situations. Sur une arrivée au sommet, s'il est en forme au pied de la montée, il semble parfois impossible de le battre. Nous devons aborder chaque course en croyant pouvoir le battre ». Entre les lignes, lorsqu'il parle d'exploiter le moindre moment de faiblesse de Pogacar, Kuss évoque probablement l'erreur de l'équipe lors de la troisième semaine du Tour l'été dernier, lorsqu'elle a renoncé très vite à sa grande offensive pensant qu'il n'y avait rien à faire alors qu'il s'est avéré après coup que le maillot jaune avait connu des moments très difficiles lors des dernières étapes de montagne.

« Pogacar a-t-il atteint son apogée ? Je pense qu'il y a encore plus que ça »

En toute honnêteté et franchise, Sepp Kuss reconnaît la difficulté de la tâche et ne voit pas en l'état d'issue à court terme tant il constate que Pogacar ne montre aucun signe d'affaissement : « Pogacar a-t-il atteint son apogée ? Je pense qu'il y a encore plus que ça. De l'extérieur, on dirait qu'il prend toujours autant de plaisir à faire du vélo qu'un enfant et qu'il est toujours en quête de nouveaux défis, ce qui est très bénéfique pour le cyclisme. Par exemple, Primoz (Roglic) a remporté presque toutes les courses du monde, mais il continue de se surpasser et de rechercher de nouveaux défis. C'est la même chose pour Pogacar ; il est toujours en quête d'une nouvelle victoire ».

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