Cyclisme : « Parfois, je trouve que c'est un peu triste », la confession d'Alaphilippe
Alexandre Higounet

Alors qu'il amorce une nouvelle saison avec une grande motivation, quand bien même il sait que sa carrière est plus proche de la fin que du début, Julian Alaphilippe ne cache pas qu'il est plus un cycliste à l'ancienne. Et il ne cache pas non plus une certaine nostalgie, voire tristesse, devant l'ultra rationalisation des jeunes coureurs dans l'approche de leur métier.

A l'orée d'une nouvelle saison, qu'il aborde avec une motivation forte, Julian Alaphilippe se dit toujours prêt à partir au combat pour remporter une grande classique, quand bien même il sait que sa carrière est plus proche de la fin que du début, à l'image de ce qu'il avait déclaré la semaine dernière dans les colonnes de L'Equipe : « Est-ce que j'ai fait le deuil de gagner un Monument ? Pas encore. C'est encore dans ma tête. Je me sens encore capable de pouvoir gagner de grandes courses. Si je n'ai plus ça, c'est fini. Je ne peux pas rouler juste pour rouler. Cela demande trop de sacrifices. Moi j'ai besoin d'avoir des objectifs ».

« Lorsque je parle avec des gars, ils ne me parlent plus de gagner des courses »

Pour autant, Julian Alaphilippe ne peut retenir une certaine forme de nostalgie, voire de tristesse, en voyant l'évolution du cyclisme, de plus en plus dominé par la science et les données physiologiques des coureurs, qui délaissent toute forme d'improvisation, qui repoussent la prise de risque de celui qui court pour gagner. A l'occasion d'un entretien accordé à Simga Sports Unplugged, relayé par cyclinguptodate.com, le double champion du monde a ainsi lancé : « Par moments, je me sens un peu triste car lorsque je parle avec des gars, ils ne me parlent plus de gagner des courses. Ils sont juste contents parce qu'ils ont réalisé un bon test sur cinq minutes, parce que leurs données sont bonnes ».

« Là où tu fais la différence, c'est dans ta tête, c'est quand tu rêves vraiment de quelque chose »

Julian Alaphilippe avoue ne pas trop savoir où se trouve le plaisir de courir dans ces conditions, ni l'instinct de la gagne, la soif de lever les bras : « J'en vois certains qui ne peuvent pas monter sur leur vélo s'ils n'ont pas tous ces ordinateurs. Mais là où tu fais la différence, c'est dans ta tête, c'est quand tu rêves vraiment de quelque chose. Si tu ne fait que regarder tes données, ce que dit le programme, l'ordinateur, et que tu ne regardes pas les arbres autour, le ciel même lorsqu'il est gris, que tu t'en fiches parce que tu regardes ton capteur de puissance, tu perds le plaisir de juste être un cycliste. Et c'est un peu triste ».

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