Ce samedi, Tadej Pogacar vivra son premier grand rendez-vous de l'année avec une nouvelle tentative de conquête de Milan San Remo, qui lui résiste toujours. Pour gagner, le champion slovène affronte toujours la même problématique : parvenir à sortir de sa roue Mathieu Van der Poel, plus rapide que lui au sprint, dans la Cipressa ou le Poggio. Mais est-ce la bonne façon de voir les choses ?

A quelques jours du départ de Milan San Remo, son premier grand rendez-vous de l'année, lui qui s'est fixé comme grand objectif de remporter les deux Monuments qui manquent encore à son palmarès, Milan San Remo et Paris-Roubaix, Tadej Pogacar aborde la course avec la même problématique que l'an dernier : comment sortir Mathieu Van der Poel de sa roue dans la Cipressa ou le Poggio, sachant que le Hollandais est plus rapide que lui au sprint. L'an dernier, malgré un rythme d'enfer menée dans les deux ascensions, il n'y était pas parvenu.
« J’ai beaucoup reconnu le Poggio... »
Cette année, Pogacar semble parti avec les mêmes intentions, le leader ayant de son propre aveu particulièrement reconnu la montée du Poggio, déclarant dans des propos rapportés par cyclinguptodate.com : « J’ai beaucoup reconnu le Poggio, et c’est une ascension que je connais très bien. Je pense que cette course me convient bien, mais aussi à beaucoup d’autres coureurs de haut niveau. Je vois cela comme un beau défi. L’équipe a été exceptionnelle aux Strade Bianche, et si nous parvenons à réitérer cette performance, tout est possible ». Quelques jours après avoir publié sur Strava son temps d'ascension de la Cipressa lors d'une sortie d'entraînement, battant de six secondes son record datant de Milan San Remo l'an dernier, ces mots tendent à confirmer que le Slovène emploiera la même stratégie que l'an dernier : faire monter la Cipressa à 150% par son équipe pour épailler tout le monde et entamer Mathieu Van der Poel pour ensuite le sortir en montant le Poggio à bloc.
« Peut-être est-ce la limite de Pogacar, si vous pouvez réellement appeler ça une limite »
A moins que Pogacar ne monte un gros coup d'intox, ce qui reste tout à faut possible avec lui, il devrait partir sur cette stratégie, qui reste en effet la plus logique. Mais sera-t-elle gagnante ? Avec un Mathieu Van der Poel au top, Pogacar a-t-il raison de vouloir à tout prix gagner en imposant sa force, sans chercher à être plus fin tactiquement ? Vouloir absolument écraser Van der Poel dans le Poggio est-il la bonne optique ? L'ancien champion italien Vincenzo Nibali avait par exemple développé une autre vision il y a quelques semaines à l'occasion d'un entretien à bici.pro : « Toutes les courses que Tadej Pogacar gagne, il les gagne grâce à la force. Il attaque parce qu'il est le plus fort. Mais qui gagne grâce à la ruse et la tactique ? Van der Poel. Peut-être est-ce la limite de Pogacar, si vous pouvez réellement appeler ça une limite : il pense qu'il peut tout aborder à partir de la force. Regardez sur Milan San Remo, il essaie de lâcher tout le monde dans la montée, sans réfléchir à la possibilité de gagner autrement, comme moi je l'ai fait, par exemple sur la descente. Quand Pogacar a attaqué dans le Poggio et que Van der Poel l'a gardé devant lui, j'ai immédiatement dit que si Tadej ne faisait pas attention, il allait prendre un contre et se faire déposer. Une seconde plus tard, c'et exactement ce que Van der Poel a fait et il l'a presque lâché pour de bon ». Le Slovène entendra-t-il cet avis ? Réponse ce samedi...