Il y a quelques semaines, Tadej Pogacar a suggéré l'idée d'inverser au calendrier le Tour d'Italie et le Tour d'Espagne, principalement pour des raisons météorologiques. L'idée a été mise sur la table et elle suscite un certain débat au sein du monde cycliste professionnel. Pour autant, apparaît-elle véritablement réaliste ?
Au terme de la saison dernière, à l'évocation de son programme pour la saison à venir, Tadej Pogacar avait soufflé l'idée d'inverser les positions au calendrier du Tour d'Italie et du Tour d'Espagne, mettant en avant une raison principalement météorologique. Il est vrai que le Giro, parfois perturbé par la neige ou des passages de froid en haute montagne, doit régulièrement raboter des étapes clés, alors qu'à l'inverse, quelques étapes de la Vuelta se disputent régulièrement sous une chaleur écrasante qui étouffe la course et met les coureurs en situation délicate.
« Quand j’ai lu l’explication de Tadej, je me suis dit qu’il y avait effectivement quelque chose de vrai là-dedans »
Ces dernières heures, le sujet a été remis sur la table et il suscite un débat au sein du cyclisme professionnel. Tout le monde, ceci dit, comprend l'argument météorologique, à commencer par le directeur sportif principal du Team UAE, Joxean Matxin-Fernandez, qui a déclaré, dans des propos rapportés par cyclinguptodate.com : « Quand j’ai lu l’explication de Tadej, je me suis dit qu’il y avait effectivement quelque chose de vrai là-dedans. Par exemple, nous ne pouvons jamais reconnaître les ascensions du Giro car il y a énormément de neige en avril. En Espagne, le temps est plus agréable en mai qu'en Italie ».
« La course est ancrée dans la tradition, et un tel changement serait peut-être trop radical »
Pour autant, certains considèrent que les problème météorologiques ne sont pas importants au point d'imposer un tel changement, à l'image de Ralph Drenk, le boss de la Red Bull-Bora-Hansgrohe : « Il y a deux ans, lors de l'étape de Livigno du Giro, les chutes de neige au col de l'Ombrail ont semé le chaos. Mais est-ce que cela se produit chaque année ? Je ne crois pas. L'année dernière, par exemple, la météo était excellente pendant le Giro ». Pour le monde professionnel, le changement de date du Giro serait notamment très perturbant pour le public, attaché à cette vision du Giro au printemps, entre le soleil et le froid glacial des montagne. Un retour au printemps de la Vuelta, qui s'est disputée en avril jusqu'au milieu des années 90 pourrait plus facilement être accepté. « En soi, il me semblerait logique que le Giro et la Vuelta échangent leurs places, surtout si l'on tient compte des conditions météorologiques. Mais la course est ancrée dans la tradition, et un tel changement serait peut-être trop radical », conclut le directeur sportif de Lidl-Trek, Steven De Jongh.