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Les Clippers changent la donne

Les Lakers ont-ils changé d’âme ?

Dans la ville des stars, l'équipe de basket la plus branchée est depuis toujours les Lakers. Seize titres NBA au compteur, des joueurs qui ont marqué l'histoire autant que la famille Vairelles à Gueugnon. Jerry « the logo » West, Kareem Abdul Jabbar, Magic Johnson, Shaquille O'Neal, Kobe Bryant ou encore Luke Walton (cherchez l’intrus). Mais la donne est peut-être en train de changer.

Le strass, les paillettes, le showtime, c'est ça les Lakers ! Sur les sièges autour du terrain, ça brille également : au premier rang, toutes les têtes oscarisées d'Hollywood sont là, la classe.

Dans l'ombre de cette machine de guerre, tente d'exister une autre équipe, les Clippers. Installée à L.A depuis 1984, la franchise fut souvent l'opposé de l'image générée par les Lakers. Pas de showtime, pas de glamour, encore moins de titre et des joueurs aussi emblématiques que Michael Olowokandi, Quentin Richardson ou Baron Davis. Pour preuve, aucun maillot n'a encore été retiré à ce jour.

Les Clippers sont souvent la risée de la NBA et accrochent à peine un tour de play-offs. Seul Brent Barry amènera un peu de lumière en remportant le concours de dunk du All Star Game en 1996... tout en gardant son blouson. On est All Star ou on ne l'est pas.

Voilà pour l'histoire. Mais cela ne semble plus vraiment être d'actualité. Aujourd'hui, si l'on veut voir du spectacle, mieux vaut avoir un billet pour supporter les Clippers. Le prix de la place a d'ailleurs triplé par rapport à la saison dernière. Car durant l'été, le staff des Clipps a su capitaliser (et c'est un doux euphémisme) autour de l'animal Blake Griffin.

Caron Butler, Chauncey Billups et surtout Chris Paul sont venus renforcer un effectif qui avait laissé de belles promesses en fin de saison dernière. S’il faudra du temps à tout le monde pour devenir à terme une équipe pour jouer le titre, il y a des signes qui ne trompent pas. Comme chez les Lakers d'ailleurs, mais dans un autre registre.

Mike Brown n'est pas Phil Jackson
L'intersaison fut l'antithèse de celui de leur voisin. Dwight Howard n'est toujours pas là, Chris Paul, lui est bien venu à L.A, mais pas avec le bon maillot. De plus, pendant que Phil Jackson et son jeu en triangle sirotent des Mojitos en jouant au golf, Mike Brown, le nouvel entraîneur, semble aussi inspiré qu'a son époque LeBron Cavaliers.

Si l'on s'attarde quelques instants sur l'effectif de Mike Brown, il est facile d'y voir bon nombre de faiblesses. Le poste de meneur notamment n'a jamais été aussi pauvre. Derek Fisher semble aussi à l'aise pour défendre sur ses adversaires directs que pour négocier pendant le lock-out. Le Bernard Thibault de la NBA n'a jamais paru aussi rincé et Steeve Blake n'a définitivement pas les épaules, au sens propre comme figuré, pour porter la tunique d'un Laker. Sur ce poste, la comparaison avec le duo Paul-Billups ne plaide pas en faveur des Lakers. Seul le trio Bryant-Gasol-Bynum fait figure de colonne vertébrale de l'équipe. Pour le reste c'est plutôt triste, voire inquiétant. Comme le cas de Ron Artest, devenu Monsieur « World Peace » ! Un nouveau nom qui doit bien faire marrer dans les travées du Palace d'Auburn Hills de Detroit. Outre une attitude hors du terrain qui se rapproche de plus en plus de Jean-Claude Van Damme, « feu » Ron Artest est aussi transparent sur le terrain qu'il n'est pertinent dans ses interviews.

Alors certes, les Clippers ne sont pas encore champions NBA et les Lakers ne sont pas encore totalement morts, mais le rapport de force entre les deux franchises tend de plus en plus à se rapprocher, voire à s'inverser. Une tendance que nous confirme Rémi Reverchon, correspondant pour Canal + à Los Angeles. « Depuis cet été et l'arrivée de Chris Paul, les Clippers sont l'attraction numéro une de la ville. Les regards sont un peu plus tournés vers l'autre équipe de L.A, c'est flagrant ! » Avant d'ajouter : « Je pense que malgré tout, les Lakers vont réaliser une très bonne saison. C'est une franchise mythique et ils ont encore quelques bonnes cartes à jouer sur le marché des transferts. » Un optimisme que ne semble pour le moment pas partager les fans de Lakers, inquiets de voir la direction que prend leur équipe chérie.

En ce moment à Los Angeles, le rouge et blanc est devenu plus à la mode que le jaune et le violet et ce n'est pas du cinéma.