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Nouveau capitaine

Coupe Davis : Clément, une vraie bonne idée ?

C’était devenu un secret de polichinelle, la FFT vient officiellement de l’annoncer : Arnaud Clément succède à Guy Forget comme capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis. Le 10 Sport dresse pour vous les points positifs et négatifs de sa nomination.

Les points positifs

Une grande expérience

C’est un monument du tennis français qui vient de mettre fin à sa carrière. Arnaud Clément, qui fêtera ses 35 ans le 14 décembre, c’est une Coupe Davis (2001), une finale à l’Open d’Australie (2001), un titre du Grand Chelem en double à Wimbledon (2007), quatre titres en simple, douze en double et un dixième rang mondial atteint en avril 2001. Un palmarès hors-pair qu’il saura mettre au service de l’équipe de France de Coupe Davis comme Guy Forget ou encore Yannick Noah ont pu le faire avant lui. Avec 527 semaines passées dans le Top 100, il est le deuxième joueur français derrière Fabrice Santoro (807 semaines) et Guy Forget (493 semaines) à avoir passé autant de temps parmi les 100 meilleurs joueurs mondiaux. Plus que pour sa simple expérience, le combattant Clément, habitué des matchs marathons et qui détient toujours le record du match le plus long à Roland-Garros avec Fabrice Santoro (6h33), est aussi un bourreau de travail.

Un amour pour la Coupe Davis

Tout au long de sa carrière, Arnaud Clément a toujours voué un amour tout particulier pour la Coupe Davis. En 2010 encore, alors que Benneteau était blessé, il est revenu donner un coup de main et accompagner Llodra en double jusqu’à la finale à Belgrade, où ils se sont imposés en cinq sets au terme d’un match homérique face à la paire Troicki-Zimonjic. Entre 2000 et 2010, « La Clé », 20 victoires, 11 défaites en Coupe Davis, a été de quasiment toutes les campagnes. Des victoires, en Australie en 2001, aux défaites, à Bercy en 2002 et à Belgrade en 2010. « La compétition me plaît. Elle me passionne, a-t-il appuyé en conférence de presse. Ce qui est excitant, c'est de tout faire pour avoir remporter de grandes victoires. J'espère qu'elles seront nombreuses et qu'elles arriveront vite. » Comme le soulignait récemment le DTN Patrice Hagelauer, Arnaud Clément est « quelqu'un qui a un esprit d'équipe irréprochable, qui connaît tous les membres l'équipe, qui a un amour sans faille du maillot et une dévotion totale de l'équipe qui fait mettre les égos de côté. »

Les points négatifs

Trop inexpérimenté ?

Pour Arnaud Clément, c’est la grande découverte. L’ancien 10e joueur mondial, qui vient tout juste de mettre fin à sa carrière, n’a jamais coaché le moindre joueur. Avec ce rôle de capitaine, il part totalement dans l’inconnu. S’il s’est préparé depuis début 2012 dans sa tête, Clément le dit lui-même : « Il faut que je réfléchisse encore à beaucoup de choses. » Pour cela, il compte bien s’appuyer sur les conseils de Guy Forget, l’ancien capitaine des Bleus (1999-2012). « Je vais parler avec Guy Forget si j'en ai besoin. Je sais qu'il sera là, que je pourrais m'appuyer sur lui au cas où. Cela me donne confiance, a souligné Clément. Il n'y aura pas de cassure avec mes prédécesseurs. Guy a été un capitaine incroyable. Il y aura des différences, des discussions avec les joueurs. » A sa décharge, Guy Forget, en 1999 lors de sa nomination, avait lui aussi 34 ans et venait de mettre fin sa carrière deux ans plus tôt. Yannick Noah venait, lui, tout juste de prendre sa retraite lorsqu’il a succédé à Patrice Dominguez en 1991.

Trop proche des joueurs ?

C’est tout le paradoxe de la nomination d’Arnaud Clément. Le nouveau capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis est toujours sur le circuit ATP. Eliminé au 1er tour des qualifications de Wimbledon en simple lundi, il disputera à partir de la semaine prochaine le tableau de double au côté de... Michaël Llodra, son futur poulain en Coupe Davis. Là où Guy Forget, capitaine depuis 1999, avait, du moins lors de ses dernières années, en moyenne 20 ans de plus que les joueurs sélectionnés, Arnaud Clément n’en aura que cinq, au grand maximum. Au même titre que Tsonga, Simon, Monfils ou encore Benneteau, qu’il a côtoyés tout au long de sa carrière, « La Clé », qui, il y a quelques jours encore, concourait dans la même arène qu’eux, peut-il vraiment paraître légitime vis-à-vis de ses anciens compères lorsqu’il s’agira d’élever la voix et de faire des choix ? « Si les joueurs m'ont choisi, c'est pour que je prenne des décisions. Le fait que j'ai été joueur avec eux ne pose pas de problème, a-t-il assuré en conférence de presse. Ce n'est pas quelque chose qui m'effraie. Il y aura peut-être des problèmes, du fait que les joueurs sont en majorité mes amis. Mais mon but sera de prendre les meilleures décisions pour gagner la Coupe Davis. » Ce sera là la clef de la réussite.