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Foot - PSG

PSG : Tuchel, cette fois c’est vraiment inquiétant

La défaite à Dortmund (1-2) a mis en lumière les limites actuelles de Thomas Tuchel. Incapable de trouver des solutions tactiques en cours de match, l’entraîneur du PSG n’a pas pesé sur la rencontre. Si tout reste possible pour une qualification en quart de finale de la Ligue des Champions, les doutes s’intensifient autour de l’Allemand.

Comme une impression de déjà-vu. Après de longues semaines d’attente, le Paris Saint-Germain retrouvait la Ligue des Champions avec un déplacement sur la pelouse du Borussia Dortmund à l’occasion du match aller des huitièmes de finale. Et comme trop souvent dans les grands rendez-vous, le PSG a déçu. Hors sujet durant toute la rencontre, les Parisiens s’en tirent même plutôt bien en s’inclinant seulement 2 buts à 1, ce qui leur permet de conserver toutes leurs chances de qualification pour les quarts de finale. Toutefois, la prestation collective n’en reste pas moins très inquiétante. Si plusieurs joueurs, et non des moindres, n’ont pas répondu présents, les choix de Thomas Tuchel interrogent. Le technicien allemand a semblé dépassé par les évènements. Au-delà de ses choix tactiques initiaux, c’est surtout son incapacité à trouver des réponses durant la rencontre qui inquiète.

Aucune réaction tactique

En alignant un 3-4-3, Thomas Tuchel a effectivement pris tout le monde de court. Mais ce système peut présenter certains avantages comme placer Layvin Kurzawa et Thomas Meunier dans des positions de piston qui correspondent mieux à leurs qualités ou encore permettre à Neymar d’être plus libre et d’avoir un travail défensif moins important. Après tout, un entraîneur est payé pour faire des choix tactiques, c’est ce qu’il a fait. On peut toutefois s’étonner de la position de Marquinhos aligné axial droit alors que dans ce système, le Brésilien occupait généralement une position hybride en alternant entre la défense et le milieu de terrain. Autre interrogation, pourquoi démarrer en 3-4-3 après avoir travaillé et peaufiner un 4-4-2 depuis plusieurs mois ? Tenter de surprendre Lucien Favre. Peut-être. Bref, vous l’avez compris, le schéma tactique initial peut donc se discuter. Mais le plus étonnant réside dans l’absence de total de réaction de Thomas Tuchel durant la rencontre. Voyant le PSG totalement dominé et incapable de faire la différence, l’Allemand n’a absolument rien changé à la pause, conservant son 3-4-3 et attendant la 76e minute pour réaliser son unique changement, remplaçant Angel Di Maria par Pablo Sarabia. Un changement poste pour poste. Une situation incompréhensible compte tenu de la physionomie du match. Comment laisser Mauro Icardi sur le banc pendant 90 minutes alors que Kylian Mbappe était incapable de peser seul sur la défense du Borussia bien regroupée et empêchant aux attaquants parisiens de prendre la profondeur ? Un point de fixation aurait pu permettre à Mbappe et Neymar d’être plus libres. Pourquoi ne pas faire monter d’un cran Marquinhos alors qu’Idrissa Gueye était totalement dépassé dans ce milieu à deux ? Des questions sans réponses. Et pourtant, depuis son arrivée au PSG, Thomas Tuchel avait impressionné par sa capacité à réagir pendant les rencontres en trouvant des solutions tactiques différentes pour relancer le PSG lorsqu’il était mal en point. Sa flexibilité tactique était même sa force jusque-là. Mardi soir, face à son ancienne équipe, sa rigidité tactique était sa faiblesse. Et c’est bien ça le plus inquiétant pour la suite.

Une gestion qui intrigue

Plus globalement, la gestion des dernières semaines intrigue. Préservé à Amiens, Pablo Sarabia n’a joué que 15 minutes tandis que Juan Bernat avait joué deux fois 45 minutes afin de reprendre le rythme, mais a été laissé en tribune à Dortmund. Mais bien évidemment, le cas le plus représentatif est celui de Neymar. Victime d’une lésion chondro-costale, le Brésilien n’avait pas joué depuis le 1er février. Après 18 jours sans la moindre minute, il était titulaire mardi et sans surprise, il est apparu en manque de rythme. Après la rencontre, il a d’ailleurs pointé du doigt la gestion du PSG : « C'est dur de rester quatre matches sans jouer. Malheureusement ce n'était pas mon choix, c'était quelque chose du club, des médecins, ce sont eux qui ont pris cette décision, je ne l'ai pas aimée. On a eu beaucoup de discussions sur ça. Je voulais jouer, je me sentais bien, mais le club avait peur, et c'est moi qui souffre à la fin ». Et pourtant, Neymar est resté 90 minutes sur la pelouse. La psychose autour du Brésilien, gravement blessé à la même époque de l’année lors des deux dernières saisons, est symptomatique de la peur qui s’empare du PSG au moment où arrivent les grands rendez-vous en Ligue des Champions. Un défaut qu’il va rapidement falloir gommer.

Des joueurs peu concernés

Il faut dire que si Thomas Tuchel est l’un des principaux responsables de cette défaite face au Borussia Dortmund, il n’est évidemment pas le seul. Les beaux discours des joueurs sur leur implication ont disparu dès le coup d’envoi du match le plus important de la saison jusque-là. Neymar et Kylian Mbappe n’ont pas jugé bon d’exercer un pressing sur la défense adverse, sans même parler de leur repli défensif inexistant. Pire encore, même offensivement leur disponibilité pose question. Alors bien évidemment le fait que Thomas Tuchel utilise un schéma tactique rarement travaillé ces dernières semaines n’a pas aidé. Mais cela ne suffit pas à expliquer la nonchalance du trio offensif, Angel Di Maria étant également très loin de son niveau récent. Une remise en question globale est donc indispensable, bien que les premiers mots de Neymar et Thomas Tuchel après la rencontre n’aillent pas réellement en ce sens. Espérons que le discours en interne soit différent de celui devant les micros. Les trois prochaines semaines avant le match retour au Parc des Princes le 11 mars s’annoncent agitées. Mais il est toutefois bon de rappeler qu’en ne s’inclinant que 2 buts à 1, malgré une prestation très décevante, le PSG conserve toutes ses chances de qualification. Une victoire 1 à 0 suffira pour se hisser en quart de finale ce qui est loin d’être insurmontable. Ces dernières saisons, le PSG nous avait habitués à briller durant les matches allers avant de s’effondrer au retour. Espérons que ce sera l’inverse cette fois-ci.

@Arthur_Montagne

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