En rejoignant l'équipe Red Bull-Bora-Hansgrohe, Remco Evenepoel s'est entouré d'une équipe orientée vers le Tour de France capable de l'aider à franchir un palier en montagne et de l'assister au mieux dans sa quête du maillot jaune. Dans le même temps, il rejoint aussi une formation qui dispose déjà d'un leader pour le Tour avec Florian Lipowitz. De quoi créer une cohabitation problématique ? Ancien vainqueur du maillot jaune, Alberto Contador livre son analyse sur le sujet...
En s'engageant pour la Red Bull-Bora Hansgrohe, Remco Evenepoel a souhaité trouver une équipe capable de le faire progresser au mieux dans son projet maillot jaune, notamment en haute montagne, ainsi que de l'entourer au mieux pendant la course. Et selon Alberto Contador, ancien double vainqueur du Tour, qui a été interrogé sur le sujet par Sporza.be, le champion belge a assurément fait le bon choix : « Il a rejoint une très bonne équipe qui a tous les atouts en main. Avec Roglic, Lipowitz – qui a terminé troisième du Tour l'an dernier – Hindley, Vlasov… L'équipe possède les coureurs qu'il faut pour aider Remco à progresser dans les longues ascensions. Il a pris la bonne décision ».
« On peut fixer une priorité pour le Tour »
Dans le même temps, en signant au sein de l'équipe allemande, Remco Evenepoel savait aussi qu'il quittait une structure dans laquelle il était le leader absolu pour une autre où il allait lui falloir partager le pouvoir, notamment sur le Tour de France, où Florian Lipowitz, troisième de l'édition 2025, est lui aussi en position de leader. Si l'installation d'un duo peut présenter de réels avantages en cas de bonne entente, en multipliant la menace pour Tadej Pogacar, elle contient également un risque de rivalité excessive.
« Si tu veux battre Pogacar, tu dois jouer sur toutes les cartes »
Alberto Contador connaît la problématique pour avoir vécu un Tour 2009 difficile, miné par un leadership partagé avec Lance Armstrong. Selon lui, la formation allemande peut gérer la situation, éventuellement en dégageant une hiérarchie au préalable, tout en misant sur la force collective au final : « On peut fixer une priorité pour le Tour. On peut prendre une décision avec plus d'assurance qu'il y a 10 ou 15 ans. Ceci étant dit, ils doivent exploiter toutes leurs options. Roglic peut prendre des risques, Remco et Lipowitz resteront aux côtés de Pogacar. Mais s'ils perdent du temps, ils peuvent changer de tactique. Si tu veux battre Pogacar, tu dois jouer sur toutes les cartes. S'il y avait un contre-la-montre de 200 kilomètres, ce serait différent. Mais sinon, c'est difficile de battre Tadej quand il est au sommet de sa forme ».