Manager de l'équipe EF Education First, Jonathan Vaughters dresse un constat implacable sur le cyclisme moderne trop écrasé par un coureur, Tadej Pogacar, et une équipe, UAE Team Emirates, dont la capacité financière XXL lui permet de bâtir une armada imbattable autour de son leader qui l'est lui-même déjà. Pour résoudre le problème, Vaughters propose une solution radicale.
Depuis deux ans, Tadej Pogacar domine outrageusement le peloton mondial, remportant la majorité des courses dont il prend le départ, et dans son sillage, son équipe UAE Team Emirates écrase aussi très souvent la concurrence, y compris lorsque le Slovène n'est pas là. Doté d'une capacité financière XXL, la formation UAE est en effet en mesure de recruter les meilleurs talents autour de Pogacar, et présente logiquement une armada impressionnante.
« Ce qui m’inquiète le plus, c’est que les courses deviennent ennuyeuses »
Le manager d'EF Education First Jonathan Vaughters, comme tous les représentants du cyclisme, ne peut que dresser le constat qu'une telle domination nuit fatalement à l'intérêt de la course, comme il a indiqué sur le podcast Rouleur live 2025 dans des propos relayés par cyclismactu.net : « Si vous êtes supporter d’une équipe et que vous savez d’avance qu’elle va perdre parce qu’elle est dans un désavantage sportif aussi important, est-ce que vous allez vraiment regarder ? Ce qui m’inquiète le plus, c’est que les courses deviennent ennuyeuses, qu’il y ait toujours le même coureur ou la même équipe ultra-riche qui gagne. Ça nuit à tout le sport ».
« Un salary cap ? C’est clairement le moment »
Pour Vaughters, il devient urgent de mettre en place un salary cap afin de limiter la domination des équipes les plus riches, qui ne pourraient alors plus empiler les coureurs XXL dans leur effectif : « C’est clairement le moment. Vous avez UAE qui fonctionne avec environ 75 millions de dollars, face à plusieurs équipes qui tournent autour de 20 millions. Il y a un écart énorme. C’est plus de trois fois supérieur, donc on sait déjà qui va gagner. À quel point ce serait amusant si Pogačar devait courir dans une équipe incapable de contrôler la course ! Là, la course devient vraiment intéressante, parce que le résultat n’est plus écrit à l’avance ».