Tennis : Joueuses filmées dans leur intimité, la polémique enfle à l’Open d’Australie
Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).

C’est une polémique qui prend de l’ampleur dans cet Open d’Australie. Alors que Coco Gauff a été filmée dans les vestiaires en train de casser sa raquette dans la foulée de sa défaite en quart de finale de l’Open d’Australie, les voix s’élèvent contre le manque d’intimité, avec plusieurs prises de position fortes.

L’Open d’Australie arrive à son terme ce week-end. On connaît déjà l’affiche de la finale féminine qui sera un remake de l’édition 2023, avec une opposition entre Elena Rybakina et Aryna Sablenka. Chez les hommes, les demi-finales se jouent dans la nuit de jeudi à vendredi (heure française), Carlos Alcaraz affrontant Alexander Zverev lors de la première affiche, avant un choc entre Novak Djokovic et Jannik Sinner. Ce Grand Chelem aura été marqué par une polémique qui a connu un nouvel épisode ces dernières heures.

« Franchement, je suis surpris qu'il n'y ait pas de caméras sous la douche »

Plusieurs participants ont en effet critiqué l’omniprésence des caméras à Melbourne, ce qui a joué des tours à Coco Gauff durant la semaine, l’Américaine ayant été aperçue dans les couloirs en train d’exploser sa raquette après sa défaite contre Elina Svitolina. « J'ai un problème avec le flux. Je pense que certains moments... La même chose est arrivée à Aryna (Sabalenka) après notre finale à l'US Open. Je trouve qu'ils n'ont pas besoin de diffuser ça, a-t-elle regretté. J’ai essayé d'aller dans un endroit où ça ne serait pas diffusé, mais ils l'ont évidemment montré. Peut-être qu'il faudrait en discuter parce que j'ai l'impression que dans ce tournoi, le seul endroit privé, c'est le vestiaire ».

Et le sujet ne cesse de faire parler dans les vestiaires. « La question est: sommes-nous des joueurs de tennis ou sommes-nous plutôt comme des animaux dans un zoo que l'on observe même quand ils font caca? », s’interrogeait quant à elle Iga Swiatek ce mercredi, estimant qu’il serait « bien d'avoir un peu d'intimité. (...) Il y a certains tournois où c'est impossible et où vous êtes constamment observé ».

Un avis partagé par Novak Djokovic, s’inquiétant lui aussi de cette dérive après sa victoire en quarts de finale mercredi : « C'est vraiment triste de ne plus pouvoir s'isoler, se cacher et évacuer sa frustration, sa colère, sans être filmé. Mais on vit dans une société où le contenu est roi, donc c'est un débat plus profond. J'ai du mal à imaginer que la tendance s'inverse et qu'on supprime les caméras. Si on regarde la situation actuelle, il y en aura toujours plus. Franchement, je suis surpris qu'il n'y ait pas de caméras sous la douche. C'est sans doute la prochaine étape. Je suis contre. »

« La WTA s’engage à écouter ses joueuses »

Dans ce dossier, les joueuses peuvent compter sur le soutien de la WTA, annonçant dans un communiqué publié dans la nuit de mercredi à jeudi prendre « au sérieux leurs préoccupations concernant l'intimité et la présence de caméras à l'Open d'Australie ».

La présidente de l’instance dirigeante du tennis féminin, Valerie Camillo, explique, dans des propos rapportés par Ouest-France : « C’est une demande très humaine et légitime : les athlètes ont besoin d’espaces où ils peuvent se ressourcer et ne pas se sentir constamment sous surveillance […] Offrir cet espace fait partie de notre responsabilité en tant que sport. La WTA s’engage à écouter ses joueuses et à prendre en compte des préoccupations comme celle-ci. »

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