Cet été, l’équipe de France va disputer la Coupe du monde aux États-Unis, au Canada et au Mexique, avec l’ambition de triompher une troisième fois. En 1998, Didier Deschamps avait décroché le Graal en tant que joueur, un moment historique qui a sa part de secrets.
Dans quelques mois, Kylian Mbappé et ses coéquipiers vont partir en quête d’une troisième étoile en Amérique du Nord, quatre ans après la finale malheureuse contre l’Argentine. Les Bleus du football ont déjà triomphé à deux reprises en Coupe du monde, à l’occasion de l’édition 2018 organisée en Russie, mais aussi à domicile, avec le sacre de 1998 encore dans la mémoire de ceux qui ont vécu l’événement. Avant la finale remportée face au Brésil, tout était prêt pour célébrer comme il se devait ce premier sacre, une organisation restée secrète pour ne pas perturber les joueurs et le staff.
« Si on avait perdu, je n'aurais jamais sorti cette caisse de la camionnette »
En 2018, dans des propos accordés au Parisien, Diamantino de Faria, le magasinier des Bleus à cette époque, avait livré quelques anecdotes croustillantes sur les heures qui ont précédé la victoire de Didier Deschamps, Zinedine Zidane et leurs coéquipiers, et notamment cette fameuse caisse amenée au Stade de France depuis le château de Clairefontaine. « C'était mon secret. J'avais glissé un magnum de champagne dans une glacière et j'ai caché le tout derrière d'autres sacs. Deux autres personnes étaient dans la confidence : le cuisinier, qui m'avait dégoté le champagne, et Henri Emile, avait raconté De Faria. Les joueurs et le staff ne devaient surtout pas le savoir. Par superstition. Et si on avait perdu, je n'aurais jamais sorti cette caisse de la camionnette. C'est la seule qui est restée au fond jusqu'à ce que j'aille la chercher au coup de sifflet final. »

« Personne ne devait les voir »
Et ce n’est pas tout puisqu’un sac avait également été transporté, lui aussi dans le plus grand des secret, au point que Diamantino de Faria n’était pas au courant de son contenu. Gilles Bocq, le représentant d'Adidas auprès de l'équipe de France, s’était livré pour Le Parisien : « Ma plus grosse mission pour ce 12 juillet, c'était bien sûr de me préoccuper des équipements. Mais en fait, tout était réglé depuis longtemps. La seule chose importante, c'était d'ajouter, dans la camionnette, un sac de sport. A l'intérieur, il y avait une trentaine de tee-shirts confectionnés pour être portés en cas de victoire. Dessus, il y avait le fameux slogan La victoire est en nous. Personne ne devait les voir et, si par malheur, la France avait perdu, j'avais pour mission de les détruire le plus vite possible. »
Fort heureusement pour l’équipe de France, il n’y a pas eu besoin de détruire ces fameux t-shirts, portés par la bande à Aimé Jacquet au coup de sifflet final. Le champagne, quant à lui, a été dégusté, mais pas que. « Quand tout le monde est revenu, Didier Deschamps s'en est emparé et a voulu arroser tout le monde, avait raconté Manu de Faria. Le président Chirac est alors dans le vestiaire. Henri Emile se poste devant lui et lâche : Didier, attention, il y a le président. Le chef de l'Etat, qui a donné rendez-vous aux Bleus à la garden-party de l'Elysée le 14 juillet, libère les esprits : Mais non, allez-y ! »