Tout n'est pas tout rose dans le rugby français en ce moment. En effet, si le XV de France enchaine les victoires dans le Tournoi des VI Nations, voilà que certaines affaires viennent ternir le paysage. Ainsi, ces dernières heures, c'est une affaire de soupçons d'agressions sexuelles au sein de l'équipe de France de rugby à 7 féminine qui a été révélée au grand jour.

Au cours des derniers mois, la FFR a dû à gérer de nombreuses polémiques. Et voilà que l'une d'entre elles a notamment concerné l'équipe de France féminine de rugby à 7. Quel était alors le problème ? Comme l'a révélé L'Equipe ce jeudi, la FFR a fait appel à un cabinet extérieur afin d'établir un audit interne sur les méthodes décriées d'un kiné envers différentes joueuses.
Un kiné mis en cause
Selon les informations du quotidien sportif, l'affaire aurait débuté en 2019 quand une joueuse de l'équipe de France se faisait soigner par ce kiné pour une pubalgie. Celle-ci lui aurait alors fait remarquer pendant les soins qu'il avait la main sur son clitoris. Il se serait alors excusé, annonçant un geste d'inattention. Suite à cela, un tour de parole a été organisé entre les joueuses, le sélectionneur et le kiné et au cours de celui-ci, il aurait été demandé aux Bleues de ne pas venir aux soins en « tenue affriolante ». De quoi faire dire à AD Conseil, le cabinet auquel la FFR a fait appel, que cela rejeté « la responsabilité (des faits) sur les joueuses ». A l'époque, comme le précise le quotidien sportif, aucune sanction n'est prise à l'encontre du kiné.
Mais voilà que ça ne s'arrête pas là puisque 3 ans plus tard, une autre joueuse de l'équipe de France, mineure, se plaint à son tour des soins du kiné, gênée car trop proche de ses parties intimes. « Une jeune joueuse a expliqué à son oncle, qui faisait partie du staff médical de l'équipe de France, avoir très mal vécu un soin. Elle ne parle pas, à l'époque, d'agression sexuelle. Il s'agissait d'un soin autour du périnée susceptible de créer un inconfort, une manipulation qui relève de l'ostéopathie et qui permet de redresser le bassin », a expliqué Laurent Gabbanini, directeur général de la FFR à l'époque. C'est d'ailleurs suite à cet évènement que le kiné en question est suspendu immédiatement et déporté vers les U20.

Des témoignages accablants
En 2024, nouveau rebondissement dans l'affaire puisqu'une kiné confie à un conseiller technique sportif avoir reçu des confidences de plusieurs internationales quant à des comportements problématiques d'un kiné de la FFR. C'est alors qu'en 2025, il est décidé de lancer un audit pour y voir plus clair sur la situation. Ainsi, une cinquantaine de témoignages sont recueillis. On y apprend alors qu'une joueuse a dénoncé des soins qualifiés de « malsains » en 2017, accusant le kiné de frôler ses parties intimes et de ne jamais expliquer, contrairement aux bonnes pratiques de sa profession, les gestes médicaux qu'il s'apprêtait à effectuer. Une autre a évoqué des attouchements « entre les cuisses ». Une autre a parlé d'une manipulation sans explication, où le soignant se serait retrouvé entre ses jambes, évoquant une position sexuelle. Une autre a mentionné des « contacts avec le sexe alors que ça aurait pu être évité ».