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Cyclisme - Tour de France

Cyclisme - Tour de France : Quelles sont les chances françaises cette année ?

Alors que le départ du Tour de France démarre de samedi (6 au 28 juillet), Le 10 Sport dresse un état des lieux des équipes françaises engagées. Une grande surprise est-elle à attendre ?

AG2R LA MONDIALE

Pour l’équipe AG2R La Mondiale, le leadership sera de nouveau confié à Romain Bardet. 6e l’an passé, le coureur reste une valeur sûre. Cette saison, il a connu des fortunes diverses, avec une chute au Tour de Catalogne. Pour autant, en terminant deuxième du Tour du Haut-Var derrière Thibaut Pinot, puis 5e de Paris-Nice, Bardet a effectué un solide début de saison. Sa 9e place à l’Amstel Gold Race et sa 13e position à la Flèche Wallonne confirment qu’il est dans les temps pour le Tour de France. Interrogé sur son niveau à la fin du mois d'avril, le leader des AG2R s'était montré confiant : « Ça va bien, j'avais besoin de repos et je me sens frais et dispos. J'ai cinq semaines avant ma prochaine course, c'est un gros bloc de travail qui m'attend mais j'adore cette période. Ma vraie saison attaque maintenant et désormais, chaque journée va être rythmée pour arriver le plus fort possible au départ du Tour de France. » Depuis, Bardet est bien revenu au Dauphiné, sans arriver au top de sa forme trop tôt. Idéal. 

Romain Bardet prendra donc le départ du Tour avec de nouveau l’espoir d’un podium à Paris, sans s’interdire de rêver à la première place. Cette saison, les Sky, devenus désormais lneos, paraissent moins incontournables. Chris Froome est forfait. Quant à Geraint Thomas, le vainqueur sortant, il semble très loin pour l’instant. Tout cela peut laisser des espoirs à Bardet, qui aura une grosse équipe à ses côtés, capable de bien l’emmener sur tous les terrains. 

GROUPAMA FDJ

L’an dernier, Thibaut Pinot avait privilégié le Giro, où il était parti avec l’ambition d’un podium voire même mieux. Le bilan n’avait pas été à la hauteur de ses espérances, le grimpeur français abandonnant après une dernière étape de montagne qui l’avait complètement essoré, alors qu’il avait jusqu’alors joué les premiers rôles. Fatalement, Pinot n’avait pas récupéré pour le Tour. Cette année, l’ambition sera différente pour Groupama FDJ. Arnaud Démare a été promu leader pour le Giro, avec une équipe à son service. Il a d’ailleurs gagné une étape. A l’inverse, Thibaut Pinot sera cette fois le leader absolu pour le Tour de France. Avec de grandes ambitions.

Depuis la fin de saison dernière, et sa magnifique victoire au Tour de Lombardie, Pinot a franchi un cap. Physiquement et mentalement. Le leader des Groupama FDJ s’est prouvé à lui-même qu’il était capable de gagner au top niveau mondial. Le coureur français semble désormais assumé franchement son statut et il démontre régulièrement qu’il a gagné en maturité, comme en témoigne encore récemment sa victoire solide à l’occasion du Tour de l’Ain. Pinot a gagné en patron, en favori et sans laisser la moindre marge de manœuvre à l’adversité. Il était tout simplement au-dessus, alors que de son propre aveu, il n’était pas encore à 100% : « J’étais pas mal, pas à 100% non plus. Je suis là où je voulais être. Cela permet d’être à peu près serein avant le Dauphiné ». Pinot a depuis confirmé au Dauphiné, puis au championnat de France, qu'il était en grande forme.

Armé de cette nouvelle solidité, Thibaut Pinot peut désormais nourrir de sérieux espoirs pour le classement général. D’autant que l’équipe française a démontré depuis plusieurs années qu’elle était armée pour accompagner un grand leader vers les sommets.  

TOTAL DIRECT ENERGIE

Comme le veut la stratégie déployée par Jean-René Bernaudeau, l’équipe Total Direct Energie ne visera pas un top 10 au général, le team n’ayant pas – depuis le départ de Pierre Rolland – un coureur en mesure de jouer véritablement le classement final, et ce même si Rein Taaramäe, décevant l’an dernier, paraît monter en puissance depuis quelques semaines, avec plusieurs top 3 au Tour d’Aragon, au montagneux Tour de l’Ain ou sur la classique du Mont Ventoux. Si cette stratégie, autant dictée par la question financière que par un choix sportif, pourrait être amenée à évoluer l’an prochain avec l’arrivée pleine de Total, qui pourrait augmenter la capacité d’investissement de l’équipe dans la recherche d’un leader de grand tour, cette saison sera encore marquée par la volonté de créer le mouvement. Qu’il s’agisse de Lilian Calmejane ou Taaramäe, les deux cartes principales, il s’agira donc plus de jouer un top 20 et une victoire d’étape là où des parcours intéressants se profilent, comme dans les Vosges, dans le Forez ou en Auvergne.

Plus généralement, l’équipe vendéenne jouera encore une fois la course de mouvement. Elle est armée pour le faire. Outre Calmejane, une valeur sûre, elle peut s’appuyer sur un élément de grande classe avec Niki Terpstra. Le coureur hollandais n’a pas pu jouer sa carte sur le Tour des Flandres et Paris-Roubaix, ses deux gros objectifs de la saison, à cause d’une mauvaise chute lors des premiers kilomètres du Runde. Il aura à cœur de prendre sa revanche sur le Tour de France, même s’il manque une véritable « étape flandrienne » pour qu’il puisse jouer sa carte à fond. Anthony Turgis, Paul Ourselin ou encore Fabrien Grellier pourraient également tirer leur épingle du jeu. Enfin, Jean-René Bernaudeau a décidé de miser sur le sprinter italien Niccolo Bonifazio plutôt que sur Thomas Boudat.

COFIDIS

Au sein de l’équipe Cofidis, on fonde de sérieux espoirs sur l'Espagnol Jesus Herrada, qui a remporté plusieurs succès convaincants ces dernières semaines, ainsi que sur le Français Christophe Laporte, lui aussi en excellente forme. Si le Colombien Darwin Atapuma, décevant ces dernières semaines, n'a finalement pas été retenu, l'équipe nordiste compte sur Jesus Herrada et Nicolas Edet en montagne. Pour le reste, des puncheurs comme Julien Simon ou Pierre-Luc Perichon pourraient trouver un terrain favorable dans plusieurs étapes vallonnées. 

Enfin, comme on pouvait s'y attendre, Cédric Vasseur, le manager général de l'équipe, n'a pas retenu Nacer Bouhanni, qui n'apportait pas assez de garanties à ses yeux en vue des arrivées massives. Bouhanni arrive en fin de contrat et il se confirme que son avenir va désormais s'écrire loin de la formation Cofidis.

ARKEA SAMSIC

Pour la formation bretonne, les espoirs reposeront en grande partie sur Warren Barguil. Le coureur français arrivera sur le Tour de France avec une grosse envie, non seulement pour rendre aux organisateurs la confiance qu’ils lui ont donnée, mais également pour prendre sa revanche sur l’an dernier, où il avait peiné à exister au top niveau. Barguil a axé sa saison sur le Tour et malgré quelques mauvaises chutes sur Paris-Nice ou sur le Tour de Catalogne, il a apporté certaines garanties sur son niveau de forme. Ces garanties se sont d'ailleurs confirmées avec le titre de champion de France gagné en costaud par le coureur breton dimanche dernier. Barguil va arriver sur le Tour avec du jus et de l’envie. Outre Barguil, Arkea-Samsic misera sur André Greipel dans les sprints, même si le coureur allemand n’a pas encore démontré qu’il avait retrouvé son meilleur niveau. Enfin des coureurs comme Elie Gesbert, qui a franchi un palier cette saison, ou Florian Vachon, auront également une belle carte à jouer. 

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