Au sein de l'équipe UAE Team Emirates, on anticipe déjà la fin du règne de Pogacar, quand bien même on imagine qu'il interviendra dans quelques années. Après avoir un temps songé à Juan Ayuso pour prendre sa succession, les dirigeants du Team UAE ont ciblé Isaac Del Toro comme le futur grand leader. Pourtant, le jeune coureur mexicain aurait pu leur échapper il y a trois ans...

Au sein de l'équipe UAE Team Emirates, on n'en fait pas mystère, on réfléchit déjà au moyen-long terme, date à laquelle le règne de Tadej Pogacar prendra fin. Un temps, Joxean Fernandez-Matxin, le directeur sportif principal, avait ciblé le grimpeur espagnol Juan Ayuso comme son futur successeur, mais la saison dernière l'a incité à changer son fusil d'épaule et depuis plusieurs mois, ses regards se tournent en direction du jeune coureur mexicain Isaac Del Toro, qui lui paraît cocher toutes les cases.
« Isaac Del Toro, je me suis battu comme un lion pour l'avoir »
Deuxième du Giro l'an dernier pour son premier Grand Tour en tant que co-leader, qu'il aurait dû remporter sans une erreur tactique de l'équipe lors de la dernière étape de montagne, Del Toro n'a cessé de confirmer depuis, remportant quasiment tout en fin de saison. Humainement, son entente avec le Slovène est parfaite, ce dernier le prenant un peu sous son aile, au point que le Mexicain sera aligné cette année sur le Tour de France, comme lieutenant numéro un, afin qu'il apprenne du Maître dans la gestion d'un Grand Tour.
« Parmi les jeunes talents, huit sur dix ne percent pas ou ne sont pas exceptionnels »
Pourtant, Isaac Del Toro aurait très bien pu ne pas être un coureur d'UAE Team Emirates, mais d'EF Education First. A l'occasion du Podcast Domestique, Jonathan Vaughters, le boss de l'équipe américaine a ainsi raconté, dans des propos relayés par cyclinguptodate.com : « Découvrir un jeune de 16 ou 17 ans, c'est une chose - mais si vous l'avez trouvé, Matxin aussi -, être le premier à le repérer, c'est encore une chose, mais le convaincre de signer avec votre équipe, c'en est une autre. Prenez Isaac Del Toro : je me suis battu comme un lion pour l'avoir. Nous l'avons suivi de près dès le début. Nous l'avions repéré et nous étions prêts à lui offrir le plus gros contrat jamais signé par un rookie dans notre histoire. Mais bien sûr, notre offre était inférieure à la moitié de celle des Émirats arabes unis, alors il a naturellement choisi cette équipe. C'était logique. Parmi les jeunes talents, huit sur dix ne percent pas ou ne sont pas exceptionnels. Si on dépense trop pour les prendre, on gaspille de l'argent dans des projets voués à l'échec, parmi lesquels Del Toro et Pogacar font bien sûr exception. Mais si on peut se permettre ces dépenses, ça finit par payer ».