L'année dernière, Sébastien Chabal faisait des révélations inquiétantes concernant sa carrière. Une sortie qui aurait pu amener des modifications majeures en terme de règlement. Un ancien joueur n'hésitait d'ailleurs pas à réclamer que «quelque chose de drastique soit fait» pour le rugby.

L'année dernière, Sébastien Chabal avait ému tout le monde en racontant ses troubles de la mémoire à l'occasion de son passage au micro de Legend : « Je n'ai aucun souvenir d'une seule seconde d'un match de rugby que j'ai joué. Et je ne me souviens pas d'une seule des 62 Marseillaises que j'ai vécues ». Des propos qui avaient largement été commentés à l'époque. L’ancien joueur gallois Alix Popham s'était notamment longuement prononcé dans les colonnes du Parisien révélant avoir lui aussi été victime de pertes de mémoire.
Alix Popham réagit aux propos de Sébastien Chabal
« C’est très puissant, et bouleversant. Je suis évidemment désolé qu’il vive cela. Mais malheureusement, ça n’est pas une surprise. J’ai parlé à des centaines de joueurs qui se trouvent dans la même situation que lui. Je suis également dans le même cas. Je sais les équipes pour lesquelles j’ai joué, et combien de temps, mais je n’ai pas de souvenirs des matchs en eux-mêmes, de leur score, de la météo ce jour-là. Pendant la pandémie sanitaire, ils ont reprogrammé à la télévision mon dernier match sous le maillot du pays de Galles contre l’Angleterre. J’aurais dû m’en souvenir, c’était la première victoire galloise depuis 20 ans à Twickenham. Mais ce match, j’avais l’impression de le voir pour la première fois. En fait, j’ai des souvenirs de mon enfance, de mes vacances, de mes grands-parents par exemple. Mais à partir de 16-17 ans, j’ai des oublis. Les médecins m’ont dit que mon cerveau avait souffert de tous ces contacts. Aujourd’hui, j’ai des traitements expérimentaux pour mes maux de tête, j’ai suivi différentes thérapies et je ne peux plus travailler que deux jours par semaine », racontait celui qui a connu 33 sélections avec le XV du Poireau, avant d'évoquer les protocoles pour encadrer ces commotions mis en place ces derniers mois.

«Je veux que ça aille au tribunal. Ces gens doivent rendre compte au monde du rugby»
« Ce sont des écrans de fumées. Comment un rugbyman aujourd’hui peut se faire percuter, perdre conscience et rejouer une semaine après ? C’est criminel. 99 % des neurologues du monde vous diront que ça n’est pas sûr, le 1 % restant est payé par le rugby. Quelque chose de drastique doit être fait dans notre sport », ajoutait Alix Popham, tout faisant quelques propositions : « Mettre une période minimum de 28 jours de repos après une blessure qui touche le cerveau. Les contacts à l’entraînement doivent aussi être clairement encadrés. Les joueurs jouent trop de matchs aussi. Chaque contact affecte le cerveau, même si ça n’est pas directement sur la tête. Il faut réduire l’exposition des joueurs à cela ».
Et alors qu'il fait partie des fait des plus de 1 000 rugbymen à avoir déposé une plainte contre les instances dirigeantes du rugby pour leur gestion des commotions cérébrales, Alix Popham espère que la prise de position de Sébastien Chabal va faire avancer les choses dans le but d'aller jusqu'au tribunal : « Sébastien était un joueur très rude. Donc si lui dit ça, on va peut-être se dire que ça n’est que la partie émergée de l’iceberg. Le neurologue qui m’a suivi m’a dit que 70 % des joueurs professionnels avaient subi des dommages au cerveau. Je veux que ça aille au tribunal. Ces gens doivent rendre compte au monde du rugby, mais pas que. Au monde entier. Et aux papas et aux mamans qui mettent des enfants dans ce sport ».