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Mercato - OM : Mohamed Ayachi Ajroudi, un profil inquiétant pour le rachat de l'OM ?

Alors que Mourad Boudjellal a dénoncé ce vendredi la « campagne de dénigrement » contre Mohamed Ayachi Ajroudi, les témoignages inquiétants se multiplient concernant l'homme d'affaires franco-tunisien qui souhaite racheter l'OM.

Qui est vraiment Mohamed Ayachi Ajroudi ? À 68 ans, l'homme d'affaires franco-tunisien est au cœur de l'actualité depuis deux semaines avec son projet de rachat de l'Olympique de Marseille. Mais son profil laisse dubitatifs certains spécialistes et supporters. En effet, Mohamed Ayachi Ajroudi s'est façonné une réputation peu reluisante ces dernières années comme l'expliquait récemment le journaliste Romain Molina, dans un live Twitch avec Manu Lonjon : « Il faut juste se renseigner deux minutes sur le mec qui est au milieu de tout ça. Ceux qui suivent le football tunisien tous les jours savent ce qu’il a fait au Stade Gabesien (démission après la relégation du club en D2 tunisienne), et quand tu sais ça, tu auras tout de suite le spectre de Kachkar (ndlr : homme d’affaires canadien au coeur d’un vrai-faux rachat de l’OM en 2007). Lui, c’est que du paraitre. Dans un palace, il reste à la table la plus importante, mais il ne commande que des cafés. Et j’ai des amis qu’il a escroqués. Au moment où l’argent devait sortir, il a disparu, et il ne l’a pas fait qu’une fois ».

« Quand il avance sur un coup, Ajroudi applique la technique de l'effet de levier »

Dans les colonnes du Figaro ce vendredi, Mohamed Ayachi Ajroudi n'a pas caché ses grosses ambitions avec l'OM et ses rêves de convaincre un jour Zinedine Zidane et Cristiano Ronaldo de rejoindre le Stade Vélodrome. Entre fantasmes et doutes, les fans marseillais restent perplexes. Ainsi, Marianne a enquêté sur le profil d'Ajroudi et son passif dans les affaires. « Ajroudi est l'archétype de l'homme d'affaires ambitieux du Maghreb : après quelques coups dans le business, il cherche à étendre son influence dans la politique, le football ou la télé. Sauf que lui, il s'est raté dans ces trois domaines », explique un homme d'affaires qui l'a récemment côtoyé. Le premier, la politique. Le deuxième, la télévision avec la chaîne Al Janoubiya TV qu'il a rachetée en août 2013, fermée en novembre de la même année, et qui lui a valu quelques soucis avec la justice. « Aux gens qu'il croise, il affirme que sa chaîne est la première du monde arabe, et que les décideurs ont les yeux rivés sur elle », confie un Franco-Tunisien du monde la culture qui le considère désormais comme un pur « mythomane ». Enfin, Mohamed Ayachi Ajroudi a également échoué dans le football explique Marianne, suite à son passage au Stade Gabésien. L'homme de 68 ans a démissionné de son poste après la relégation du club comme le précisait Romain Molina. Une contreperfomance sportive qui s'explique notamment par un retrait de point infligé par la FIFA en raison d'une prime non payée à l'un de ses joueurs. Un échec qui ne l'empêche pas aujourd'hui de convoiter l'OM, un choix logique aux yeux de cet homme politique et entrepreneur tunisien, qui s'étonne néanmoins de la méthode employée par Ajroudi : « Marseille c'est l'équipe favorite au Maghreb, beaucoup de Tunisiens sont fans de l'OM, c'est une tradition ici : c'est l'effet Méditerranée. (…) Ces effets d'annonce sont très étranges : il parle avant de passer à la table des négociations, il fait les choses à l'envers, on dirait une OPA hostile… » « Quand il avance sur un coup, Ajroudi applique la technique de l'effet de levier : beaucoup d'effets d'annonce pour polariser l'attention, la garder maintenue sur soi le plus longtemps possible, avant d'appliquer la stratégie de l'échec, comme il le fera avec l'OM. Être sûr de perdre, et reporter la faute sur le camp d'en face en passant pour le bon samaritain à qui on a mis des bâtons dans les roues », ajoute à Marianne une personnalité du monde de la culture qui a fréquenté le Franco-Tunisien.

Des rapports flous entre Ajroudi et l'Arabie saoudite ?

Ses liens avec l'Arabie saoudite restent également très flous. Dès l'apparition de son nom dans ce dossier, le journaliste Thibaud Vézirian avait pointé de grosses incohérences sur ce projet porté par des fonds du Moyen-Orient : « Quand certains disent qu’il arrive avec des fonds saoudiens, je me suis renseigné, c’est bidon. Ce n’est pas encore de l’escroquerie, c’est du bluff. Ça n’a rien à voir avec MBS (Mohammed Bel Salmane, le prince de l’Arabie Saoudite). C’est quelqu’un qui s’invente une histoire, beaucoup de choses. Il n’est pas du tout dans les petits papiers de l’Arabie Saoudite ». Une version que semble confirmer Marianne, qui met en avant sa rencontre avec Gérard Depardieu pour un projet de film qui ne s'est finalement jamais concrétisé et dont il se serait servi pour tenter de se rapprocher des Saoudiens. « En réalité, il a sans doute un sponsor saoudien, mais ses fonds ne lui permettent que des avantages en nature, de quoi se mettre en scène au bar du Georges V » confie un autre individu qui l'a côtoyé, tandis qu'un autre témoin assure que : « C'est toujours comme cela avec Ajroudi, il dit toujours qu'il en a dix fois plus, à la Bédard ». De quoi se poser de sérieuses questions sur le projet méditerranéen que Mohamed Ayachi Ajroudi souhaite mettre en place à Marseille, qui pourrait finalement ne servir qu'à lui donner un coup de projecteur explique une source à Marianne : « Avec Ajroudi, plus c'est gros, plus ça passe, et il n'hésite pas à accompagner cela d'une phrase ultra-clichée sur le sens de la vie et de la réussite. Avec à cette méthode, il s'offre une revue de presse grâce à des journalistes qui croient en ses fantaisies ».

Boudjellal défend coûte que coûte Ajroudi

Tout cela n'empêche toutefois pas Mourad Boudjellal de croire au sérieux de Mohamed Ayachi Ajroudi. « Les gens me connaissent. C’est un grand projet. Je ne dis pas qu’il va aboutir, explique-t-il ce vendredi à RMC. Avant d’entrer dans ce projet, j’ai bien vérifié les personnes avec qui j’étais. Je crois que j’ai un historique et je suis sûr de moi. » Comment expliquer alors ces nombreux témoignages sur Ajroudi ? Mourad Boudjellal a son idée sur cette « campagne de dénigrement » : « monsieur Ajroudi a été victime d’une campagne de dénigrement importante, qui va très loin et pour des raisons que l’on connait a priori. Il a été victime d’un maître-chanteur qui agit auprès de certains journalistes. C’est un maître-chanteur qui a pignon sur rue sur Twitter et qui lui a demandé une somme d’argent, en l’occurrence 60.000 euros, pour ne pas le dénigrer. Il a ajouté "sinon, je vais donner des infos bidon à des journalistes qui vont te dénigrer". Un dépôt de plainte a donc été fait. (…) On a fait toute une réputation autour de ce monsieur et je peux vous dire que comme le chantent Aya Nakamura, Naza et Dadju, "Moi je vérifie" et je vérifie très haut. Très, très haut. J’ai eu des tas de gens dans le Golfe, des gens qui sont en place, qui ont accès au pouvoir et qui sont assez unanimes sur monsieur Ajroudi. (…) J’ai rarement autant reçu de textos de gens qui me disent "méfie-toi" et qui me font passer pour un naïf. Je ne suis pas naïf. Je me suis renseigné et j’ai des recommandations. Je sais comment vit monsieur Ajroudi. Il y a des trucs qui me font marrer quand j’entends qu’il va au Georges V, mais pour boire un café. Non, ce n’est pas vrai. » Malgré les zones d'ombre qui se multiplient autour de ce projet nébuleux, Mourad Boudjellal garde confiance en Mohamed Ayachi Ajroudi et incite Frank McCourt à vendre l'OM. L'entourage de l'Américain continue pour sa part de nier tout rapprochement, et assure que le club n'est pas à vendre. Le feuilleton est donc loin d'être terminé.

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