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Avenir incertain

Pourquoi Laurent Blanc peut sauter dès ce soir

Laurent Blanc

Laurent Blanc, dont le contrat à la tête de l’équipe de France expire après l’Euro, a l’objectif officieux d’atteindre les quarts de finale de l’Euro. Dans le cas contraire, le sélectionneur des Bleus pourrait sauter. Décryptage.

Laurent Blanc a beau chercher à préserver l’équipe de France dans son fief de Kirsha, il sait qu’il joue gros ce soir face à la Suède. Le sélectionneur des Bleus, remplaçant de Raymond Domenech à l’été 2010 suite au fiasco de la Coupe du monde en Afrique du Sud, doit mener son groupe en quarts de finale de la compétition pour être sûr de voir son contrat prolongé par Noël Le Graët. Si ce dernier n’a pas donné d’objectif officiel au champion du monde 98, il est clair qu’une élimination dès la phase de groupes ne lui conviendrait pas. Elle serait presque à coup sûr rédhibitoire.

Les arguments de Blanc :
Une image redorée
Les Bleus de Domenech avaient écœuré les Français, ceux de Blanc se sont rapprochés d'eux. Blanc a en effet fait en sorte de couper avec les mesures de son prédécesseur. Bunkers, casques sur les oreilles ou mutisme devant la presse, c’est terminé ! Ce nouvel amour est matérialisé par les excellentes audiences des Bleus lors de leurs deux premières sorties face à l’Angleterre (10,3M de téléspectateurs) et l’Ukraine (10,5M) à des horaires pourtant « difficiles » pour la population active (18h).

Une équipe invincible
Laurent Blanc compte deux défaites depuis qu’il a posé ses fesses sur le banc des Bleus : une en Norvège pour son baptême du feu (11 août 2010, 1-2) et une autre face à la Biélorussie au Stade de France en qualifications de l’Euro (3 septembre 2010, 0-1). Depuis, une série de 23 matchs sans défaite a été construite et reste en vigueur.

Un onze type qui se dégage
Il aura fallu près de deux ans à Blanc pour former une équipe qui semble type. Après avoir tenté plusieurs associations, profils et systèmes tactiques, ce qui est bien normal pour tâtonner, l’équipe qui a vaincu l’Ukraine à Donetsk a fait forte impression. Equilibre et sérénité se sont dégagés d’un groupe qui, de surcroît, vit bien ensemble.

Les contre-arguments de Le Graët :
Une série, pas un record
La série des Bleus de Blanc est belle mais n’est pas un record en soit puisqu’Aimé Jacquet (entre 1994 et 1996) avait réussi à enchaîner 30 matchs d’affilée sans défaite. Il reste donc encore du boulot mais le compteur de Blanc, s’il gagne l’Euro, s’arrêtera à 27 unités…

Le désamour existe toujours
Blanc a beau avoir réussi à rassembler les Français devant leur écran de télévision, force est de constater que leur passion pour l’équipe de France s’est éreintée. En Pologne et en Ukraine, la France est le pays le moins soutenu de la compétition avec environ 2 000 personnes présentes à chaque rencontre de la phase de poules (source FFF). Selon une étude de l'institut allemand Sport+Markt, les Bleus ne comptent de plus que sur 16,7 millions de supporters, soit 38% des français âgés de 16 à 69 ans, loin du leader allemand 62%. Enfin, la FIFA a également annoncé que les Français étaient ceux qui avaient le moins acheté de billets…

Les Bleus manquent de panache
3 buts en 2 matchs, soit une moyenne d’1,5 but/match. La moyenne de l’équipe de France pour cet Euro est plus faible que la moyenne. En effet, depuis le début de la compétition, celle-ci tourne autour de 2,77 buts par match. Cette tendance est confirmée par les performances en clair-obscur de Karim Benzema, meilleur joueur désigné de cette équipe qui brille pourtant par son mutisme.