Les 22 joueurs retenus par Aimé Jacquet pour disputer la Coupe du monde en 1998 sont entrés dans l’histoire grâce à leur sacre, devenant ainsi les premiers à décrocher le Graal. L’un d'eux s’était prononcé il y a quelques années sur les heures qui avaient suivi la finale remportée face au Brésil.

Aimé Jacquet et ses hommes sont entrés dans l’histoire du football tricolore le 12 juillet 1998 en décrochant le premier titre mondial des Bleus face au Brésil (3-0). Ce triomphe a été d'autant plus mémorable qu'il s'est déroulé sur le sol français, permettant aux joueurs de fêter la victoire avec les supporters et leurs proches. Interrogé il y a quelques années par L’Équipe sur les célébrations qui avaient suivi le sacre, Fabien Barthez avait raconté la fin de sa soirée, à l’écart des autres champions du monde.
« C'était ce dont j'avais besoin »
« Le match fini, je crois que je suis le seul à ne pas être revenu au château, une voiture m'a déposé sur les Champs-Élysées, j'ai retrouvé des amis d'enfance, un cousin dans un hôtel. L'hôtel était barricadé, j'ai passé la nuit là. C'était ce dont j'avais besoin, avait expliqué l’ancien portier des Bleus. Il n'y avait pas grand monde, le bar était à nous. Ce n'est que le lendemain que j'ai rejoint les autres pour la descente sur les Champs. »

« La France entière s'est arrêtée de vivre pour cet instant-là »
Fabien Barthez l’avait reconnu, cette victoire reste unique dans sa vie, lui qui a pourtant décroché la première Ligue des champions du football français avec l’OM (1993). « Ça n'a rien à voir. Avec Marseille, j'avais à peine vingt-deux piges, un âge où tu ne peux pas vivre les choses pleinement. Là, au coup de sifflet final, j'ai vu ma vie en accéléré, comme quand tu es en train de crever, sauf que tu n'es pas en train de mourir. Je me suis revu à Lavelanet à dix ans. J'en ai chialé, mais pas de joie, d'émotion, ça m'a coupé la respiration, confiait-il. Tu pourrais gagner quinze fois la Ligue des champions, ça ne vaudra jamais ça. La France entière s'est arrêtée de vivre pour cet instant-là, et nous ne nous en rendions pas compte. »
Depuis, son quotidien a changé : « Quand je suis revenu à Monaco, j'ai retrouvé Jeannot Tigana, toujours très pudique. Il m'a juste dit : "C'est magnifique ce que tu as fait." Moi, je me disais : "Oui, mais dans six mois, c'est réglé", il a continué : "Tu en as pour toute ta vie, jusqu'à ce que tu crèves." Et effectivement, ça me poursuit toujours. Rien à voir avec un sentiment de supériorité, mais, par exemple, je ne peux pas me pointer sur une terrasse en plein jour la gueule enfarinée, c'est impossible ! »