Cyclisme - Tour de France
Tour de France : Marion Rousse pousse un gros coup de gueule

Depuis le lancement du Tour de France femmes, les chutes s'accumulent dans le peloton, ce qui est la source de moqueries sur les réseaux sociaux. Directrice de l'épreuve cycliste, Mario Rousse a pris la parole ce vendredi pour exprimée le fond de sa pensée sur cette affaire. Le mécontentement et la colère ont gagné aussi les équipes engagées, notamment la FDJ-Suez-Futuroscope.

Pour la première fois depuis 1989, les femmes ont un Tour de France pour elle. L'occasion pour les spectateurs français d'apercevoir les stars de la discipline comme Marianne Vos, Lorena Wiebes ou encore Audrey Cordon-Ragot, côté français. Le spectacle est au rendez-vous depuis le départ des Champs-Elysées dimanche dernier, mais ce que les personnes retiennent, ce sont les chutes durant les étapes. Ce jeudi, une nouvelle chute massive a mis une trentaine de coureuses au sol. Il n'en fallait pas plus pour que certains spectateurs mal attentionnés évoquent leurs doutes sur les capacités des coureuses cyclistes et leur habilité sur le vélo.

« Les chutes font partie du cyclisme, il y en aura toujours »

Directrice du Tour de France femmes, Marion Rousse a pris la parole pour dénoncer certains propos tenus sur les réseaux sociaux. « Je me concentre sur les 95% de gens conquis plutôt que sur les 5% qui restent, qui s'amusent sur les réseaux sociaux à dire que les filles ne savent pas rouler. C'est ridicule. On n'a presque rien à leur dire. On n'a pas à se justifier. Les chutes font partie du cyclisme, il y en aura toujours. On oublie trop vite le Tour masculin de l'année dernière, avec les nombreuses chutes en première semaine, comme à Pontivy » a confié l'ancienne cycliste dans des propos rapportés par France Info.

Quelles sont les causes de ces chutes ?

Mais pourquoi autant de chutes lors de cette course ? Marion Rousse a tenté de répondre à cette question. « On est sur la plus belle course du monde, tous les sponsors veulent être à l'avant parce qu'ils jouent beaucoup d'un point de vue financier. Il n'y a pas de meilleure caisse de résonance que le Tour. Les filles roulent avec des oreillettes, elles ont les ordres. Aucun directeur sportif ne va dire 'ne prenez pas pas de risque' dans les moments tendus » a confié celle qui occupait le rôle de consultante lors du Tour de France masculin. 

« Ils sont jaloux parce que les coureuses sont fraîches, pleines d'envie »

Connaisseur du cyclisme féminin et manager général de la FDJ-Suez-Futuroscope, Stephen Delcourt a haussé le ton, indiquant que les chutes étaient aussi nombreuses durant les courses masculines. « C'est du sexisme, tout simplement. Tout le monde déteste les chutes, et voudrait les éviter. La chute massive de jeudi est bête, ça accroche au milieu et ça devient un château de cartes. On ne pouvait rien faire. Notre sport n'est pas mature. Il faut être tolérant, laisser faire le temps. Il faut comprendre que ces filles qui sont étudiantes, qui travaillent, ont envie de briller sur cette course. Tout le monde est prudent, mais ça peut arriver à n'importe quelle coureuse. Le cyclisme féminin prend de l'importance, et certains ne comprennent pas que c'est l'aura du cyclisme en général qui en profite. Ils sont jaloux parce que les coureuses sont fraîches, pleines d'envie. Il n'y a pas de problèmes de niveau technique chez les femmes » a-t-il déclaré. « Il faut laisser parler : il y aura toujours des détracteurs » souffle Jonas Dupuis, directeur sportif du Stade Rochelais, préférant se concentrer sur la course, qui se terminera à la Super Planche des Belles Filles.  

Articles liés