Cyclisme - Giro : Le danger qui guette Julian Alaphilippe
Alexandre Higounet

Depuis le début du Tour d’Italie, Julian Alaphilippe s’est montré très offensif, frôlant la victoire à l’occasion de la sixième étape. Pour autant, il ne faudrait pas que le double champion du monde commette une erreur qui pourrait s’avérer fatale dans sa quête de succès. Analyse.

A l’occasion de la journée de repos ce lundi, Julian Alaphilippe s’est exprimé dans les colonnes de L’Equipe sur sa première semaine du Tour d’Italie, au cours de laquelle il a frôlé la victoire à une reprise lors de la sixième étape, dont le profil ressemblait à celui des Strade Bianche.

« Une victoire me ferait du bien »

Julian Alaphilippe a notamment affirmé : « Sur les Strade Bianche, c’était une grosse journée, difficile à contrôler car c’est parti à fond et jusqu’à l’arrivée. J’avais en tête la victoire d’étape, mais je peux refaire la course cinquante fois, il (Pelayo Sanchez) a été malin, plus frais et plus fort. C’était peut-être à moi aussi de jouer un peu plus avec lui, de retarder mon sprint. Sur le moment, cette deuxième place était dure, mais j’ai relativisé depuis : je me sentais bien et j’ai pesé sur la course. A Naples, cela aurait peut-être été différent si j’avais essayé dans la dernière ascension avec Narvaez, mais j’étais bien positionné quand j’ai attaqué. Dans les pourcentages très raides, je sentais que je pouvais faire la différence. J’ai eu la chance qu’Ewen Costiou revienne derrière, on s’est super bien entendus, mais cela a roulé plein pétrole derrière. J’étais bien entamé, mais j’ai pris du plaisir à faire la course comme j’en ai envie. Une victoire me ferait du bien ».

Ne pas laisser des forces pour rien

A l’écoute des mots du double champion du monde, on peut percevoir son envie d’aller chercher une victoire d’étape, d’autant que cela fait plus d’un an qu’il n’a pas levé les bras. Pour autant, il ne faudrait pas que cette quête conduise Julian Alaphilippe à commettre l’erreur de multiplier les tentatives dont certaines sont promises à l’échec, et donc de laisser beaucoup de forces pour rien. L’exemple de l’étape de dimanche en témoigne : plutôt que d’attaquer dans une bosse à une quinzaine de kilomètres de l’arrivée, ce qui l’a conduit à s’épuiser avec Costiou pendant plusieurs kilomètres quelques secondes devant le peloton, le Français aurait pu jouer la gagne s’il avait attendu la bosse d’arrivée et suivi Jonathan Narvaez dans son offensive, ce qu’il aurait sans doute été en mesure de faire compte tenu des jambes qu’il avait ce jour-là.

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