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Rugby

Rugby - Wesley Fofana : «Après ma blessure, j’ai dû réinventer mon rugby»

Dans le 9e épisode de « 36 Chandelles », le podcast engagé pour le collectif proposé par GMF, Clémentine Sarlat reçoit l’incontournable centre du Clermont Rugby Auvergne, Wesley Fofana. L’occasion pour l’ancien international français de revenir sur sa carrière et les moments clés de sa belle histoire avec le rugby.

Wesley Fofana a découvert le rugby tard. Très tard, même, puisqu’il a touché son premier ballon ovale à l’âge de 14 ans. Une révélation pour ceux qui le voient évoluer sur le terrain, ses qualités physiques étant déjà exceptionnelles pour son âge. Mais pour lui, l’évidence du rugby est aussi arrivée sur le tard : « Jusqu’à ce que j’arrive à Clermont et que je fasse ma deuxième année là-bas, je ne savais même pas pourquoi je faisais ça, jouer au rugby (sourire). Au départ, c’était pour aller m’amuser avec mes potes et prendre du plaisir avec eux. Je suis allé dans le rugby essentiellement pour ça, pour les copains. Et puis on m’a dit : ‘Ne te prends pas la tête, joue jusqu’à 20 ans. Et si à 20 ans ça te saoule, tu t’en vas’. Après, c’est allé vite. Et honnêtement, jusqu’à ce que Franck Azéma arrive à Clermont, je n’avais pas vraiment l’envie du rugby. Il m’a pris sur un milieu d’année, il m’a dit plein de choses, on a beaucoup parlé. Et j’ai pris un pied pas possible… »

« J’ai vraiment envie d’être dans la transmission »

Guidé par Franck Azéma, son mentor, Wesley Fofana parviendra jusqu’au sommet du rugby mondial et au titre de meilleur premier centre de la planète rugby, en 2013. Un parcours unique, comme son jeu, qu’il a toutefois dû façonner avec les années et les blessures : « Je suis arrivé à Clermont sans connaître la tactique ou la manière de jouer au rugby. Je suis arrivé seulement avec des qualités physiques. Ça a beaucoup plu aux gens : le garçon il prend le ballon et il court. C’est ce qu’on me demandait au début, montres tes qualités de jeunesse et vas-y à fond. Ensuite, sois tu restes un peu dans ce que tu sais faire, sois tu essaye de faire évoluer un peu pour que les gens t’attendent un peu moins. C’est ce que j’ai anticipé avec Franck. Et ce passage-là, il t’oblige à avoir du moins bien. Il y a beaucoup de déchets et du mental, il m’en a fallu parce que je me suis très vite fait critiquer par les gens, les médias et même les coachs. Après, c’était facile : je pouvais arrêter et repartir sur du step et de l’accélération, dans le registre de ce que je savais faire. Mais j’ai tenu, j’ai fait le dos rond et ça a tenu jusqu’à ma blessure au tendon, fin 2017. Je faisais des choses que je n’aurai jamais imaginé avant. Après ma blessure, je dois retransformer un peu, réinventer mon jeu, pour me reconstruire. Et là, encore, je réadapte mon jeu pour non seulement être complet sur le terrain mais aussi pour l’être en dehors, au niveau de la communication, ce genre de choses. Parce que je ne me rends pas toujours compte de ce que je représente pour un jeune qui arrive, par exemple ou de ce que je dégage pour les gens. Et c’est dans cette deuxième partie de carrière que je réalise et que j’ai envie de transmettre. Tout ce que je peux amener, par mon expérience. J’ai vraiment envie de faire cet effort-là pour les joueurs qui arrivent, d’être dans la transmission ».

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