Mercato - ASSE : Une catastrophe se prépare pour la vente du club !
Arthur Montagne

Alors que le processus de vente de l'ASSE a été lancé le 14 avril dernier, tout semble aujourd'hui à l'arrêt, au point que Bernard Lions émette de gros doutes quant à l'issue de ce feuilleton.

Depuis le 14 avril, les rumeurs entourant la vente de l'ASSE se sont multipliées. Et pour cause, Bernard Caïazzo et Roland Romeyer ont affiché leur volonté de céder leur part si possible avant le 31 décembre. Un premier échec puisque les deux actionnaires n'ont pas réussi à vendre le club avant la fin de l'année 2021 après avoir notamment repoussé les offres d'Olivier Markarian et de Jean-Michel Roussier. Toutefois, depuis le 23 novembre, tout est relancé puisque par le biais d'un communiqué, les actionnaires assurent qu'ils sont « heureux de constater que de nouveaux candidats se sont présentés avec des dossiers qui répondent aux critères demandés par KPMG et attendent avec sérénité les recommandations du cabinet d’audit à propos de ces candidats dont la capacité financière est indiscutable avec une volonté de conclure dans les meilleurs délais. » Mais Bernard Lions dresse un constat accablant de la situation et craint le pire pour l'avenir de l'ASSE toujours lanterne rouge de Ligue 1, ce qui ne facilite pas la vente du club... 

«Les gens n'ont pas bien conscience de la situation»

Invité de l'émission Sainté Inside Show sur Twitch, le journaliste de L'Equipe ne cache en effet pas son inquiétude :  « C'est au point mort pour la simple et bonne raison que si t'es vendeur, c'est tout sauf le bon moment pour vendre. Et si t'es acheteur, c'est tout sauf le bon moment pour acheter. Le maintien décisif pour la vente ? Il n'y a pas que la Ligue1 ou la Ligue 2. Je pense qu'à un moment les gens n'ont pas bien conscience de la situation. C'est un club qui est en danger de mort. Le jeu est très simple, on a voulu calmer les supporters en mettant le club en vente le 14 avril. Regardez ce qui s'est passé à Bordeaux. King Street a monté un dossier et créé une Data Room avec les dossiers comptables et juridiques. Résultat, la vente a été réglée en trois mois. Parce qu'ils voulaient vraiment vendre. A Saint-Etienne on a sorti cet espèce d'épouvantail pour calmer les supporters et au final, ça n'a fait qu'une chose, énerver tout le monde ». Bernard Lions explique également ses inquiétudes par ses doutes concernant le projet porté par Roman Dubov, président de la société Total Sport Investments qui possède déjà plusieurs clubs à travers le monde, appuyé par le milliardaire russe Sergeï Lomakin, 986e fortune mondiale selon le magazine américain Forbes.

«Je ne suis pas sur qu'il aient énormément de compétence»

« Mon interrogation, c'est entre vouloir et pouvoir. Déjà, est-ce qu'ils veulent vraiment acheter ? Et est-ce qu'ils peuvent vraiment acheter ? J'ai pas mal discuté avec les Russes. Ils ont effectivement créé un réseau comme le City Group ou Red Bull, mais ce sont des clubs mineurs et ce n'est pas très structuré. Est-ce qu'ils ont la compétence et le savoir-faire pour gérer un club de la dimension de l'ASSE ? Je ne suis pas sûr. Les capitaux qui sont apparus avec Lomakin en toile de fond, c'est effectivement beaucoup d'argent, maintenant est-ce que ça passerait au contrôle de Tracfin, le policier financier français ? Je ne suis pas sûr. Vous regardez sur Wikipedia la liste des entraîneurs et directeurs sportifs passés par Pafos, ça valse de façon incroyable. Je ne suis pas sur qu'il aient énormément de compétence et quant au fond, je me pose des questions... », explique le journaliste de L'Equipe avant d'ajouter que « les Américains attendront que la bête soit à terre pour l'achever et la dépecer et racheter les miettes. » Bernard Lions évoque ici les projets des fonds d'investissements américains Terrapin Partners et 777 Partners, qui semblent toutefois aujourd'hui en retrait. Cela tombe bien puisque le journaliste explique que le projet dans lequel il croit le plus est celui d'Olivier Markarian et de Serge Bueno. « Plutôt que des chimères russes ou américains, je préfère un projet local parce qu'au moins tu sais d'où vient l'argent. Tu sais qu'il n'y en a pas énormément, mais il y en a. Tu sais qu'il y a un peu de compétence. Je préfère donc le projet Markarian dont on connaît les compétences et l'attachement au club. Il ne mettra peut-être pas 100M€, mais est-ce qu'il y a besoin de autant pour acheter Benedetto ou Mitroglou comme l'a fait l'OM ou pour aller chercher des Modeste ? Ce n'est pas une question d'argent, mais de traçabilité de l'argent et de volonté », conclut-il. Reste désormais à savoir comment évoluera ce dossier alors que la situation sportive de l'ASSE reste très inquiétante.

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