Un joueur de l’OM s’est fait «engueuler au feu rouge par le chauffeur de bus», cette scène improbable en plein Marseille !
Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).

Chaque personne passée par l’OM sait à quel point la pression est grande dans la cité phocéenne. Et celle-ci se manifeste parfois jusque dans le cœur de la ville après une défaite comme a pu le constater un joueur passé par le club durant deux saisons.

C’est un rendez-vous attendu dès le début de la saison par les supporters des deux équipes. Ce dimanche, le Parc des Princes sera le théâtre du dernier Classique de la saison entre un PSG mis sous pression au classement par le RC Lens et un OM qui cherche encore à faire le plein de confiance après l’humiliation connue à Bruges en Ligue des champions. Aucun des deux n’a le droit à l’erreur, sous peine de se retrouver dans le collimateur de son public, comme ont pu le constater certains anciens.

« Après une défaite, tu pouvais te faire engueuler au feu rouge par le chauffeur de bus »

C’est le cas de Xavier Gravelaine, qui a porté le maillot du PSG mais également de l’OM, où la pression était grande, sous peine de se faire remonter les bretelles en pleine ville ! « C'était difficile pour les adversaires de venir jouer au Vélodrome. A Marseille, l'engouement était dingue, s’était souvenu l’ancien milieu offensif, interrogé l’année dernière par Eurosport en marge d'un Classique. Quand j'ai rejoint l'OM en 1996, j'ai plein de souvenirs qui illustrent ça. Par exemple, après une défaite, tu pouvais te faire engueuler au feu rouge par le chauffeur de bus qui était à côté de toi. A Marseille, ça parle de l'OM tout le temps. Pour les Marseillais, l'OM, c'est leur vie. C'est pour ça que la ferveur est parfois exagérée au Vélodrome et dans les deux sens. Si tu gagnes le samedi, tu es tranquille le dimanche mais le lundi un rien peut venir embrouiller ta semaine. Puis lorsque tu perds, tu n'es plus rien le dimanche matin (rires). »

À l'inverse, une victoire pouvait donner quelques avantages à Xavier Gravelaine : « À la boulangerie, je passais avant tout le monde si j'avais marqué deux buts la veille. Dans le village où j'habitais, il y avait plein de drapeaux de l'OM partout. A Marseille, il y a une ferveur incroyable comme à Naples. Je peux comprendre que certains très bons joueurs aient pu être inhibés. Car à Marseille, tu entends l'OM partout. Je me souviendrai toujours quand ma mère est venue pour la première fois à Marseille. On mangeait en famille dans une pizzeria après un match, et là trois supporters sont venus s'asseoir à notre table pour discuter. En rentrant, elle m'a dit : 'mais, c'est tout le temps comme ça ?" Quand je déposais mon fils à l'école, j'en avais au moins pour un quart d'heure car les parents me parlaient de ballon. Trois ans à l'OM, c'est l'équivalent de six saisons ailleurs. »

« On se prépare pour pouvoir gagner »

Roberto De Zerbi a bien compris l’attente des supporters de l’OM et se montre ambitieux pour ce déplacement au Parc des Princes, après avoir tenu tête au PSG sur les deux premières confrontations de la saison avec une victoire au Vélodrome et une défaite aux tirs au but lors du Trophée des champions. « On se prépare pour pouvoir gagner, a prévenu De Zerbi. On représente une ville, une histoire, c'est une fierté et une responsabilité. Il n'y a pas de recette, je ne suis pas cuisinier. Mais il faut avoir faim, de l'orgueil, ne jamais oublier Bruges et jouer au foot avec nos qualités. »

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