«Pas envie d’avoir de problème avec le chef des Etats-Unis», un joueur de l’OM recadré
Hugo Chirossel -
Journaliste
Passionné de football depuis le plus jeune âge, devenir journaliste sportif est rapidement devenu une évidence pour Hugo. Il se découvrira plus tard un amour pour la NBA, avant d’explorer d’autres horizons comme ceux de la Formule 1 et de la NFL.

Cet été, plusieurs joueurs de l’OM partiront disputer la Coupe du monde, qui se tiendra au Canada, au Mexique, mais également aux Etats-Unis. L’un d’eux s’est récemment dit contrarié par le prix de places qu’il juge trop cher, avant d’être repris par son sélectionneur, peut-être par peur des représailles de Donald Trump ?

L’été prochain, Timothy Weah devrait, sauf surprise, avoir le bonheur de disputer une Coupe du monde dans son pays, aux Etats-Unis, un des trois pays hôtes du Mondial 2026. Le prix très élevé des places pour assister à la compétition a en revanche fait beaucoup parler, ce que le joueur de l’OM a récemment regretté. Une prise de parole qui n’avait pas plu à son sélectionneur, Mauricio Pochettino, selon lequel son rôle n’est « pas d’évaluer les prix des billets. Nous ne sommes pas des politiciens, nous sommes des sportifs et nous ne pouvons parler que de notre travail. »

«Ils ont le droit d’avoir quelque chose à dire de l’événement mondial dont ils sont les principaux acteurs»

« La version sportive de “sois belle et tais-toi”, c’est “joue au ballon et tais-toi” », a réagi Virginie Phulpin dans sa chronique dans Le Morning RMC ce mardi. « Timothy Weah joue à l’Olympique de Marseille, mais aussi dans la sélection américaine. Il y a quelques jours, il a osé dire qu’il trouvait que les billets pour la Coupe du monde étaient trop chers et que le football devait rester un sport populaire. Timothy Weah, ce n’est pas Martin Luther King, ce n’est pas Che Guevara, il ne veut pas faire la révolution. Il a juste dit que ça coûtait un peu trop cher d’assister à la Coupe du monde, mais c’est déjà trop pour son sélectionneur, Mauricio Pochettino, l’Argentin passé par le PSG. Pour lui, les joueurs doivent s’exprimer sur le terrain en jouant au football, point barre. Voilà ce qu’il lui répond. Il ne faudrait tout de même pas museler les joueurs sous prétexte que c’est leur métier de taper dans un ballon. Ils ont le droit d’avoir quelque chose à dire de l’événement mondial dont ils sont les principaux acteurs. »

«Mauricio Pochettino, c’est plus parce qu’il n’a pas envie d’avoir de problème avec le chef des Etats-Unis»

Victor Wembanyama a lui aussi récemment pris position, mais contre l’ICE, la police de l’immigration des Etats-Unis qui a tué deux personnes à Minneapolis, et le Français avait été critiqué pour cela. « Ce sont des citoyens les sportifs, pas des citoyens de seconde zone. Leur voix porte donc, effectivement, ils doivent faire attention, mais ils ont le droit d’avoir une opinion, un sentiment et de l’exprimer. Sinon, j’ai l’impression qu’on ne fait plus société. Les sportifs ne sont pas là pour nous dire comment on doit penser ? Non, ni plus ni moins que les autres. Qui les fixe ces limites, vous, moi ou eux-mêmes ? En 2022, les footballeurs iraniens avaient caché leur maillot avant un match pour protester après la mort de Mahsa Amini en prison pour un voile mal ajusté. Là, on avait tous salué leur courage, mais alors pourquoi la protestation des Iraniens est validée et les paroles de Victor Wembanyama ou Timothy Weah vilipendées ? Je me dis que la liberté commence peut-être sur nos terrains à nous », a ajouté Virginie Phulpin. Quand on lui a fait remarquer que les sponsors n’avaient peut-être pas envie de ça, la journaliste a ajouté : « Pas uniquement, je crois. Mauricio Pochettino, c’est plus parce qu’il n’a pas envie d’avoir de problème avec le chef des Etats-Unis. »

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