«Je voulais qu'ils perdent» : Absent de la liste de Deschamps, ce joueur français ne l’a pas digéré
Bernard Colas -
Journaliste
Passionné de sport, de cinéma et de télévision (à l’écran comme derrière) depuis son enfance, Bernard est journaliste pour le 10 Sport depuis 2018. Plus habile clavier en main que ballon au pied, il décide de couvrir principalement un sport adulé, critiqué et détesté à la fois (le football) et un sport qui n’en est pas un (le catch).

C’est une absence que cet international français n’a pas digéré. Alors qu’il va diriger les Bleus pour la dernière fois cet été à l’occasion de la Coupe du monde en Amérique du Nord, Didier Deschamps avait dû faire sans l’un de ses anciens protégés pour une autre compétition, ce que le principal intéressé avait mal vécu.

Disputer une Coupe du monde est le rêve ultime de tout joueur de football. Certains l’ont réalisé, parvenant même à remporter le trophée, tandis que d’autres n’ont jamais eu la chance de participer à l’événement au cours de leur carrière. Laurent Koscielny, lui, était bien de la partie pour le Mondial au Brésil en 2014, mais l’ancien défenseur d’Arsenal avait dû faire une croix sur l’édition suivante en Russie, celle qui avait vu les Bleus s’imposer.

« J’étais super content pour eux mais à la fois dégoûté »

Victime d’une rupture du tendon d’Achille en mai 2018, Laurent Koscielny avait assisté au deuxième sacre mondial de l’équipe de France en qualité de spectateur, mais pas de supporter. Au cours d’un entretien accordé à Canal+ peu de temps après, l’ex-internationial français (51 sélections) avait dévoilé le sentiment ambivalent qui l’habitait en ce 15 juillet 2018, date de la finale remportée contre la Croatie. « La blessure a été dure à encaisser. La suite a été encore plus dure puisqu’ils ont gagné la Coupe du Monde. J’ai un côté égoïste là-dessus, j’aurais pu gagner la Coupe du monde. C’est un moment difficile à digérer. Personne ne pourra se mettre à ma place… La Coupe du monde restera comme une étape noire de ma vie. J'aurais pu gagner la Coupe du monde, jusqu'à la fin de mes jours j'aurai cela en tête. Je ne peux pas me sentir champion du monde. J’étais super content pour eux mais à la fois dégoûté. Je voulais qu’ils se qualifient mais en même temps, je voulais qu’ils perdent... c’est un côté égoïste mais c’est la vie. Avec le recul, je suis super content pour l’équipe, parce que beaucoup de gens les critiquaient. Ils ont su rester solidaires », avait-il expliqué en octobre 2018.

« Il n’y a pas que Didier Deschamps qui n’a déçu, il y a d’autres personnes »

« J’ai participé aux qualifications, j’ai donné le maximum pour que l’équipe se qualifie. Je suis allée voir la finale, il fallait que j’y aille pour me sentir bien dans ma tête et dans ma peau. Cela m’a fait du bien et du mal en même temps », avait ajouté Koscielny, profitant de cet entretien diffusé dans le CFC pour régler ses comptes avec Didier Deschamps, mais pas que : « A un moment, on t’oublie. Je n’ai pas besoin qu’on parle de moi dans la presse mais normalement, les personnes autour de toi sont là pour t‘aider. Là tu les comptes sur les dix doigts des mains. [...] Didier Deschamps? Je l’ai eu en septembre pour mon anniversaire. Sinon je ne l’ai pas eu. A propos des personnes que tu pensais proches de toi… il y a des personnes qui m’ont déçu. Il n’y a pas que le coach, il y a d’autres personnes. C’est ce qui m’a mis un coup de bâton derrière la tête ».

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