«C'est la fin de Zidane» : Le geste qui coûte (très) cher, le «moment de solitude» de Domenech...
Thomas Bourseau
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Rédacteur
Féru de sport, Thomas a grandi entre le ballon rond du football et le orange du basket, ses deux coups de cœur depuis toujours. Diplômé d’un Master et d’une Licence à l’Institut Européen du Journalisme de Paris, il suit toujours de très près les aventures d’Arsenal et des Los Angeles Lakers.

20 ans après, ou presque, Raymond Domenech s'est longuement confié sur sa carrière de sélectionneur en s'attardant sur la fameuse Coupe du monde 2006, sa plus belle compétition en tant que coach des Bleus. L'épopée s'est mal terminée avec un échec en finale contre l'Italie sur un coup de tête, au sens propre du terme. Domenech n'a pas rejeté la faute sur Zinedine Zidane, mais sur l'attitude de l'équipe. Explications.

Raymond Domenech a tout connu avec l'équipe de France. Sélectionneur des Bleus entre 2004 et 2010, il a pris part à deux Coupes du monde et à un Euro avec des bilans bien contrastés. Tout a commencé par une épopée au Mondial 2006 perdu en finale contre l'Italie (1-1 puis 3-5 aux tirs au but) avant une sortie de route prématurée en phase de poules de l'Euro 2008 et un fiasco qui est resté dans les mémoires en Afrique du sud à Knysna avec la grève en contestation du retrait de Nicolas Anelka du groupe en pleine compétition sous décision de la Fédération française de football.

«C'est là où les joueurs ont manqué de vice»

Le plus beau souvenir de Raymond Domenech est donc sans aucun doute la Coupe du monde en Allemagne avec des soirées magiques face à l'Espagne (3-1), au Brésil et au Portugal (1-0 à chaque match). Toutefois, la panenka de Zinedine Zidane qui avait mis les Bleus sur les bons rails ne leur a pas offert la victoire finale. Au cours des prolongations, une discussion entre Marco Materazzi et Zinedine Zidane débouchait sur un coup de boule de ce dernier sur le torse de l'Italien. Carton rouge après un moment de latence pour Zidane. Une erreur des joueurs de l'équipe de France d'après Raymond Domenech qui s'est confié près de 20 ans plus tard sur cet épisode dans l'émission Offense.

« Est-ce que tu as vu le coup de boule ? Non, je vois Trezeguet qui est dans le coup. Qui l'a vu ? Buffon qui est derrière, les spectateurs qui sont derrière le but de Buffon, tous ceux là l'ont vu. Même le juge de touche n'a rien vu du tout. On a été la première équipe à avoir la vidéo, le VAR. C'est là où les joueurs ont manqué de vice. Je suis sur le terrain, jamais j'arrête le ballon. Je cours, je vais au but. Honnêtement, si on fait ça, l'autre se relève hein. Si on continue à jouer, il se relève et point barre. A l'époque il n'y avait pas de VAR, le mec savait qu'il fallait se relever et jouer, il n'avait pas de trace ».

«Je demande aux joueurs d'applaudir. Par rapport à tout ce qu'a fait Zidane toute sa carrière»

Une fois de retour dans un vestiaire dépité après la séance de tirs au but perdue, Raymond Domenech n'avait plus vraiment les mots. « Ce que je dis dans le vestiaire après le match ? J'arrive quand même assez longtemps après parce qu'il y a quand même toutes les formalités médiatiques à faire. Zidane est déjà rhabillé quand j'arrive. Les joueurs m'ont dit qui leur avait dit quelques mots, je ne sais pas exactement quoi. Quand j'arrive, il y en a qui sont encore abattus, qui ne disent plus un mot, c'est le silence total quand je rentre. Je ne sais pas trop quoi dire parce que c'est la fin d'une génération, d'une époque, c'est la Coupe du monde. Il n'y a pas de match derrière, tu ne sais pas ce qui va se passer pour tous ceux-là ».

Cependant, l'ancien sélectionneur de l'équipe de France a tenté de lancer des applaudissements à l'égard de Zidane. Un moment de solitude lui a fait très peur, l'espace de quelques secondes. « Et c'est la fin de Zidane. Je demande aux joueurs d'applaudir. Par rapport à tout ce qu'a fait Zidane toute sa carrière, ce serait bien qu'en guise de reconnaissance, on l'applaudisse et lui dise merci. Et je fais (il mime des applaudissements) et Pat Vieira recommence au bout de la troisième et les autres enchaînent. J'ai eu un moment de vide, de solitude ».

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