Si Tadej Pogacar domine outrageusement le cyclisme mondial depuis plusieurs saisons, il le doit bien sûr à des capacités physiologiques exceptionnelles, et selon les dires de son entraîneur Javier Sola, à une capacité de récupération hors du commun, qui lui permet notamment d'encaisser une quantité d'efforts énorme à l'entraînement. Mais elle pourrait aussi tenir en une autre capacité particulière du champion slovène.
Cela fait plusieurs années que Tadej Pogacar domine le cyclisme mondial, et particulièrement depuis deux ans, le Slovène remportant la majorité des courses dont il prend le départ. Comme l'a souligné son entraîneur Javier Sola, il le doit notamment à des capacités physiologiques extraordinaires, mais aussi à une faculté de récupération hors du commun, qui lui permet d'une part de multiplier les objectifs dans une saison, d'autre part d'accepter des charges de travail intenses à l'entraînement.
« Nous avons trouvé la solution avec le contrôle de la motricité »
Mais il pourrait y avoir aussi une autre raison à cela. Elle a été détaillée ces derniers jours Michel De Gallo, physiothérapeute au sein de la formation UAE Team Emirates, en réponse à des questions du site Bici.pro, comme relayé par cyclinguptodate.com. Selon De Gallo, la gestion de la motricité du coureur, dont le cerveau a naturellement tendance à ne pas suffisamment solliciter la jambe faible dans le pédalage, entraînant une perte d'efficacité, a constitué un axe de progression non négligeable pour Pogacar : « Nous avons trouvé la solution avec le contrôle de la motricité. Grâce aux tests que nous menons avant le début de chaque saison, nous avons constaté que beaucoup de coureurs ont une différence de puissance d'une jambe à l'autre. Au bout du compte, on a vu que c'était un problème de sollicitation : d'un côté, l'athlète parvient à solliciter 100% de ses fibres musculaires, alors que de l'autre, il en sollicite moins ».
« Si, lorsque vous donnez l'ordre d'appuyer sur la pédale, le cerveau ne le fait pas correctement... »
La différence d'une jambe à l'autre n'est donc pas liée à la force, mais à un écart dans les sollicitations du cerveau. L'idée a donc été d'enseigner au cerveau à solliciter la jambe dite faible autant que la forte, comme l'explique Del Gallo : « Vous pouvez avoir les abdominaux les plus toniques et être le meilleur dans ces exercices, mais si, lorsque vous donnez l'ordre d'appuyer sur la pédale, le cerveau ne le fait pas correctement, avoir des abdominaux aussi puissants ne sert à rien. Vous ne décidez pas consciemment quels muscles doivent se contracter, le cerveau décide en fonction de schémas. Si, dans ce schéma de mouvement, vous n'avez pas d'activation des muscles profonds, lorsque vous appuyez sur la pédale, le cerveau ne les sollicitera pas ».