Pour être en mesure de vaincre Tadej Pogacar sur le Tour de France, son grand objectif à l'avenir, Remco Evenepoel doit absolument franchir un palier en haute montagne et compte sur son passage chez Red Bull-Bora-Hansgrohe pour y parvenir. Seulement après quelques mois de préparation, il est une nouvelle fois passé au travers lors du Tour UAE. A l'occasion d'une discussion avec Johan Bruyneel, l'ancien directeur sportif de Lance Armstrong, le journaliste américain spécialiste de cyclisme Spencer Martin dresse un constat inquiétant.

Remco Evenepoel avait annoncé la couleur : en rejoignant Red Bull-Bora-Hansgrohe, il comptait trouver en interne les ressources pour franchir un cap en haute montagne afin d'être en mesure de suivre Pogacar et Vingegaard sur les cols du Tour de France et ainsi réellement jouer le maillot jaune. Le double champion olympique belge avait affirmé avoir démarré un programme d'entraînement avec le staff en ciblant un point précis : « Pogacar ? J'ai beaucoup appris de notre dernière confrontation. J'étais vraiment à haut niveau et j'ai pu batailler avec lui dans la côte où il m'a lâché. Pendant 20-30 secondes, j'ai dû récupérer d'un premier effort. Ce sont ces choses-là qu'on travaille, qu'on veut améliorer. C'est sur ces 5-10 minutes que Tadej fait la différence. C'est ce qu'on travaille : être pendant cinq à dix minutes à une certaine puissance. Pour l'instant, tout se passe bien à l'entraînement. J'espère un jour pouvoir être à côté de lui, peut-être même devant ».
« Sa dernière victoire sur une course par étapes du World Tour remonte à l'UAE Tour 2023, ça montre une régression »
Ces derniers jours, le10sport.com avait questionné cette stratégie sachant que le premier problème d'Evenepoel est qu'il n'est pas assez grimpeur fondamentalement et qu'il lui faut d'abord améliorer son rapport poids-puissance pour espérer quoique ce soit avant de penser aux watts que développent Pogacar sur 5-10 minutes en montée. En tout cas, le fait est que lors du Tour UAE, Evenepoel s'est perdu sur les deux longues ascensions de la course, lors de la troisième et cinquième étape, apparaissant loin du niveau d'Isaac Del Toro, le premier lieutenant de Pogacar. La réalité du moment, c'est qu'aucun progrès n'apparaît quant aux capacités de grimpeur du leader belge.
« Pourtant, on sait qu'il est en pleine forme physiquement grâce à ses contre-la-montre »
Pis-même, il apparaît probablement en-dessous de ce qu'il a pu faire par le passé. C'est en tout cas le terrible constat dressé par le journaliste américain Spencer Martin à l'occasion d'une discussion avec l'ancien directeur sportif de Lance Armstrong Johan Bruyneel, rapportée par cyclinguptodate.com : « C'est la quatrième fois d'affilée qu'il remporte le contre-la-montre sur une course par étapes du World Tour, puis qu'il lâche prise dans une ascension. C'est forcément mental, Johan, non ? On sait qu'il est en pleine forme physiquement grâce à ses contre-la-montre, et… Comme tu l'as dit dans notre émission d'avant course, sa dernière victoire sur une course par étapes du World Tour remonte à l'UAE Tour 2023, ça fait donc un moment, et ça montre une régression. Maintenant, il n'arrive même plus à gagner l'UAE Tour ».