Il y a quelques jours, le10sport.com avait analysé que Remco Evenepoel et le staff de Red Bull-Bora-Hansgrohe pouvaient se tromper d'orientation dans le travail de fond lancé pour amener le Belge au niveau de Pogacar sur les routes du Tour de France. Les dernières prestations du double champion olympique belge à l'occasion du Tour UAE tendent à le confirmer.

Pour concrétiser son projet Tour de France, lui qui rêve de devenir le premier belge depuis Eddy Merckx à remporter le maillot jaune, Remco Evenepoel sait qu'il lui faut se mettre au niveau de Pogacar et de Vingegaard en haute montagne. En signant chez Red Bull-Bora-Hansgrohe, le plan de vol était clairement celui-là, et le champion belge a rapidement mis en place un axe de travail, comme il l'a expliqué récemment : « Pogacar ? J'ai beaucoup appris de notre dernière confrontation. J'étais vraiment à haut niveau et j'ai pu batailler avec lui dans la côte où il m'a lâché. Pendant 20-30 secondes, j'ai dû récupérer d'un premier effort. Ce sont ces choses-là qu'on travaille, qu'on veut améliorer. C'est sur ces 5-10 minutes que Tadej fait la différence. C'est ce qu'on travaille : être pendant cinq à dix minutes à une certaine puissance. Pour l'instant, tout se passe bien à l'entraînement. J'espère un jour pouvoir être à côté de lui, peut-être même devant ».
Tant qu'il n'améliorera pas fondamentalement son rapport poids-puissance...
Le10sport.com a analysé il y a quelques jours que la direction prise n'était peut-être pas la meilleure pour Evenepoel. Car avant de tenir la puissance que Pogacar peut mettre sur 5-10 minutes dans une montée, il faudrait peut-être que le Belge améliore d'abord fondamentalement ses qualités de grimpeur, notamment son rapport poids-puissance, afin d'augmenter son niveau plancher sur les longues ascensions. Tant qu'il ne sera pas à niveau sur ce plan, imaginer qu'il puisse concurrencer Pogacar dans les cols apparaît illusoire.
« Il est explosif, il a une grande puissance, mais dans les montées longues et raides, il a des difficultés »
A l'occasion du Tour UAE, la confirmation est venue qu'Evenepoel n'avait absolument pas progressé dans ce domaine puisqu'il s'est fait distancer par au moins une dizaine de coureurs lors des deux arrivées au sommet après des montées d'une quinzaine de kilomètres, décrochant à mi pente, alors que ni Pogacar ni Vingegaard n'étaient présents. Lors d'une discussion entre le journaliste américain Spencer Martin et l'ancien directeur sportif de Lance Armstrong Johan Bruyneel, relayée par cyclinguptodate.com, ce dernier a indirectement confirmé que la direction prise par Evenepoel n'était pas forcément la bonne pour tenir en haute montagne : « Vous savez, il a distancé Tiberi lors de la 4e étape, une ascension très raide, très courte. Du coup, je suis tenté de penser qu'il est explosif, qu'il a une grande puissance, mais ce que je constate, c'est que dans les montées longues et raides, il a des difficultés. Ça peut paraître bête de dire ça, car il a gagné la Vuelta et terminé troisième du Tour, donc il a déjà fait ses preuves. C'est juste que je ne retrouve pas cette régularité à ce niveau ». Et c'est justement là où devrait se trouver la priorité du Belge et du staff de Red Bull-Bora-Hansgrohe.