Il semblerait que les relations entre Zinedine Zidane et Youri Djorkaeff se soient considérablement dégradées après l'Euro 1996, au point que la rupture eut été proche entre les deux stars des Bleus comme l'avait laissé entendre Zidane. Mais finalement, comme en témoigne ce titre de champion du Monde remporté deux ans plus tard, les tensions s'étaient apaisées.
Alors qu'ils ont fait partie des grands artisans de la victoire historique de l'équipe de France en Coupe du Monde 1998, Zinedine Zidane et Youri Djorkaeff étaient les deux leaders techniques de l'équipe mise en place à l'époque par Aimé Jaquet. Et pourtant, deux ans auparavant, les deux hommes semblent passés tout proches de la rupture puisqu'un malaise s'était installé entre eux deux après l'élimination des Bleus en demi-finale de l'Euro 96.
« Moi, je reconnais mes erreurs »
Interrogé dans les colonnes de L'EQUIPE en août 1996, quelques semaines après la compétition, Zinedine Zidane avait confirmé à demi-mot qu'un malaise s'était installé avec Djorkaeff : « Jusqu'à l'Euro, ça s'était bien passé. Pas seulement pour Djorkaeff-Zidane, pour tout le monde. Quand ça se passe bien, c'est que tout le monde est bien. Là, c'est moi qui étais moins bien. J'ai été moins bon, et peut-être que dans la tête de certains les choses ont changé. Cela ne veut pas dire que Djorkaeff a été extraordinaire. Il ne faut pas toujours mettre la faute sur un seul joueur. Dans le foot il faut être solidaire. Il faut l'être quand l'équipe est bonne, et l'être encore quand l'équipe est moins bonne. Moi, je reconnais mes erreurs », avait lâché Zidane, avant de cibler frontalement son coéquipier au sujet de déclarations qu'il n'a pas digéré.
« Quand je vois certaines déclarations... »
« Quand je vois certaines déclarations... Moi, je ne peux pas parler d'untel ou untel, ce n'est pas ma façon de voir le foot. On est un groupe, on est bons tous ensemble, on est mauvais tous ensemble. Qu'un journaliste me critique, qu'un spectateur le fasse, c'est normal, je l'accepte très bien puisque j'accepte aussi les bonnes choses qu'on peut dire de moi. Mais venant du copain qui est à côté sur le terrain, c'est plus dur à accepter. Si je vise Djorkaeff ? Je ne vise personne ! Je ne veux pas dire un mot de plus sur le sujet. Ce n'est pas ma façon de voir le foot », avait poursuivi Zinedine Zidane. Mais finalement, tout est rentré dans l'ordre entre les deux hommes.