L'Olympique de Marseille était le domicile de Christophe Dugarry depuis 18 mois après deux expériences ratées à Milan et à Barcelone. Enfin installé dans la cité phocéenne, et tout juste père de famille, le champion du monde refusait de plier devant la pression mise par son entraîneur Rolland Courbis à l'époque. Dans le cadre d'une émission hommage au regretté Coach Courbis, Dugarry s'est livré sur son invraisemblable guerre avec lui pour ne pas rejoindre la Juventus.
A l'hiver 1999, quelques mois après avoir été sacré champion du monde aux côtés de Zinedine Zidane au Stade de France le 12 juillet 1998, Christophe Dugarry avait la possibilité de retrouver son ami à la Juventus. L'OM, où il évoluait à l'époque, avait trouvé un terrain d'entente financièrement parlant avec le comité directeur de la Juventus. En pleine mise au vert, Dugarry a appris de la bouche de son coach, le regretté Rolland Courbis, que sa signature à la Juve avait été entérinée.
«De toute façon, tu n’as pas le choix. J’ai déjà trouvé ton remplaçant»
Cependant, vivant la paternité à ce moment précis, Christophe Dugarry n'avait aucunement envie de de contrarier la stabilité qu'il avait trouvé à Marseille avec sa famille. Sur les ondes de RMC lundi soir, lors d'une émission spéciale en hommage à Rolland Courbis disparu plus tôt dans la journée, l'ex-joueur de l'OM a raconté comment il lui a tenu tête pour ne pas partir à la Juventus.
« On est en mise au vert à Fuveau à l’époque, à côté d’Aix-en-Provence, et la veille du match il me dit : “Tu vas signer à la Juventus.” Moi, je viens d’avoir mon premier enfant, né au mois d’octobre, je suis installé à Marseille, on vient d’être champion du monde six mois avant. Je suis bien à Marseille, tout se passe bien. Je suis enfin assez stable après mon passage au Milan et à Barcelone qui n’ont pas été concluants. Je ne veux pas partir à la Juve. J’appelle Zizou, je lui dis : “Comment c’est chez toi ? Comment ça se passe ? Est-ce que tu vas rester ?” Il me dit “non, dans six mois je m’en vais. Avec Lippi c’est compliqué.” Et Rolland qui insiste pour que je signe là-bas, mais je lui dis “Rolland, je ne veux pas y aller.” Il me répond : “De toute façon, tu n’as pas le choix. J’ai déjà trouvé ton remplaçant.” C’était Bruno Rodriguez ».
«Je lui dis que je ne pars pas et je me suis enfermé dans la chambre»
Malgré tout, Rolland Courbis ne voulait rien savoir. De quoi inciter Christophe Dugarry à employer les grands moyens en se barricadant dans sa chambre. « Je lui dis que je ne pars pas et je me suis enfermé dans la chambre. Il me dit que l’avion privé est parti de Turin, donc tu pars, c’est réglé. Je me bloque dans la chambre et je ne donne plus de nouvelle, je ne réponds à rien. J’appelle mon père, je lui dis que je ne veux pas y aller. À l’arrivée, je ne pars pas et ils font signer Thierry Henry 15 jours après. C’était Rolland, qui parfois n’était pas qu'entraîneur. Ça fait partie des grosses colères et ça a été compliqué. C’était un face-à-face, nez à nez. C’était limite limite. Imagine Rolland avec sa gouaille qui me dit tu vas partir et moi qui lui dit non. Je peux te garantir qu’on était à deux doigts du coup de tête. C’était vraiment très très chaud ». Au final, cette action a donc fait les affaires du champion du monde 98 et d'Europe 2000.