Il y a quelques jours, l'ancien vainqueur du maillot jaune Geraint Thomas avait émis des doutes sur la solidité du projet de Jonas Vingegaard de remporter à la fois le Tour d'Italie et le Tour de France, ouvrant l'hypothèse que son ambition sur le Giro pouvait être liée à sa volonté de sécuriser une victoire dans un Grand Tour, comme une manière d'admettre la supériorité de Pogacar sur le Tour. Pour le directeur sportif de Visma-Lease A Bike Griescha Niermann, il n'en est rien, bien au contraire...
Il y a quelques semaines, à l'annonce de son programme 2026 qui prévoit qu'il s'aligne à la fois sur le Giro et sur le Tour, Jonas Vingegaard avait certifié que l'idée était bien de viser la victoire dans les deux et que l'objectif Giro avant le Tour avait régénéré sa motivation : « J'ai déjà gagné le Tour de France et le Tour d'Espagne. Désormais, je veux faire pareil en Italie. Cela fait quelque temps déjà que j'envisage de courir le Giro. C'est l'une des plus grandes courses au calendrier, et je ne l'ai jamais disputée. Je veux vraiment la découvrir, et désormais, cela m'apparaît comme le bon moment. Remporter la Vuelta l'an dernier n'a fait qu'augmenter ma motivation de jouer la victoire en Italie. J'adorerais ajouter le maillot rose à ma collection. Pour autant, pour moi, une vraie saison réussie dépend toujours de la victoire au Tour de France. Célébrer une nouvelle victoire à Paris est toujours quelque chose auquel je rêve. Remporter le Tour une troisième fois, ce serait incroyable. Le focus, c'est le Giro dans un premier temps, et dans un deuxième temps, le Tour. Ce sont deux grands objectifs, et je suis extrêmement motivé. Je suppose qu'à force de répéter les mêmes choses chaque année, on finit par s'enfermer dans le même rôle et à faire la même chose d'année en année. Ce n'est pas que je manque de motivation, loin de là, mais c'est plutôt que parfois, on a besoin de nouveauté pour raviver sa motivation. C'est ce que nous faisons en ce moment et je sens que j'ai retrouvé une énergie que je n'avais pas eue depuis quelques années. En fait, j'ai ressenti cette énergie dès que j'ai repris l'entraînement. Même avant, car nous avions le programme, pas encore finalisé, mais le Giro et le Tour étaient déjà programmés entre fin octobre et début novembre. Nous savions déjà à ce moment-là que c'étaient les deux objectifs principaux. Ensuite, bien sûr, la question de la préparation est venue un peu plus tard. Mais dès lors, j'étais très motivé pour cette année ».
« Nous sommes convaincus que Jonas peut être meilleur sur le Tour que sur le Giro »
Ces derniers jours, Geraint Thomas, vainqueur du maillot jaune en 2018 s'était montré relativement sceptique sur cette déclaration d'intention, craignant qu'il s'agisse surtout pour Vingegaard d'assurer une victoire dans un Grand Tour avec le Giro devant la supériorité de Pogacar sur le Tour de France : « Courir le Giro avant le Tour de France ? C’est culotté. Et ça ne marche presque jamais. Est-ce qu’ils font ça pour au moins gagner un Grand Tour, comme s’ils acceptaient la défaite face à Pogi ? Ou est-ce qu’ils pensent que Vingegaard a une telle endurance qu’il sera plus performant sur le Tour après un Grand Tour ? J’espère qu’ils ne s’inquiètent pas déjà de savoir s’ils peuvent vraiment gagner le Tour ».
« Battre Tadej sur le Tour, c'est notre plus grand objectif, et c'est ce qui nous motive chaque matin »
Hasard ou pas, la réponse de Griescha Niermann, le directeur sportif principal de la formation Visma-Lease A Bike, n'a pas tardé, avec un argumentaire assez simple, à savoir que selon les données à disposition de l'équipe hollandaise, les probabilités sont grandes que le leader danois bénéficie des efforts du Giro sur le Tour de France, sans que l'énergie déployée en Italie ne pèse trop dans les jambes du coureur en juillet. Niermann a ainsi lancé dans des propos rapportés par le Het Laatste Nieuws : « Nous sommes convaincus que Jonas peut être meilleur sur le Tour que sur le Giro. Notre approche a porté ses fruits ces cinq dernières années, puisqu'il est monté sur le podium chaque année, mais cette fois-ci, c'est différent. Bien sûr, rien n'est garanti, mais les statistiques des années où il a enchaîné le Tour et la Vuelta nous laissent penser que c'est envisageable. On vise toujours la victoire sur le Tour, car c'est la course cycliste la plus prestigieuse au monde. Battre Tadej sur le Tour, c'est notre plus grand objectif, et c'est ce qui nous motive chaque matin ».