Cyclisme : « C'est en train de tuer le cyclisme »
Alexandre Higounet

A l'occasion d'une discussion pour le Roadman Podcast, relayé par cyclinguptodate.com, Michael Mathews, le puncheur-sprinteur australien a livré ses réflexions sur l'évolution du cyclisme. En fin de carrière, le coureur est bien placé pour constater des changements en cours. Et son discours apparaît sans concession sur ce qu'est en train de devenir le cyclisme...

Agé de 35 ans, Michael Matthews fait partie des coureurs d'expérience du peloton international, au plus haut niveau depuis plus d'une décennie. Il est donc bien placé pour évaluer l'évolution du cyclisme. A l'occasion d'une discussion pour le Roadman Podcast, relayée par cyclinguptodate.com, le puncheur-sprinteur australien a été interrogé sur le sujet et ses réflexions se sont avérées terribles pour le cyclisme moderne.

« Leur objectif, c'est d'avoir le plus de coureurs possible dans le top 10 »

Michael Matthews l'affirme avec force, il ne reconnaît plus le sport dans lequel il a débuté, et il pointe une raison principale à cela, l'omniprésence du système des points UCI, qui conditionnent énormément de choses, dont l'appartenance d'une équipe au World Tour : « Franchement, ce qui tue vraiment le cyclisme, ce sont ces points. On voit tellement d'équipes maintenant, pas seulement Astana, mais beaucoup d'autres qui composent leur effectif pour que le plus grand nombre possible de leurs coureurs se disputent la victoire. Comment ça favorise l'esprit d'équipe ? Leur objectif, c'est d'avoir le plus de coureurs possible dans le top 10. On essaie de faire comprendre aux fans de cyclisme que c'est un sport d'équipe, et puis on voit à l'arrivée trois sprinteurs de la même équipe qui s'affrontent au sprint. Pour moi, ça détruit le cyclisme. Je suis totalement en désaccord avec ça ».

Un système qui bloque mécaniquement les courses

Au-delà du constat de Michael Matthews, le système de points présente un autre problème : il impose aux équipes un cyclisme défensif, pour assurer des places plutôt que de jouer la victoire. En cyclisme, pour gagner, il faut souvent prendre le risque de perdre, et avec les points UCI, les équipes, et les coureurs, n'ont pas forcément envie de le prendre, ce qui bloque mécaniquement l'imprévisibilité des courses...

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