Cyclisme : Les confidences d'Adam Yates sur l'arrêt soudain de son frère !
Alexandre Higounet

Depuis l'annonce aussi soudaine qu'inattendue de la retraite sportive de Simon Yates, lieutenant numéro un de Jonas Vingegaard sur le Tour, alors qu'il s'apprêtait à reprendre la compétition, de nombreuses interrogations se sont fait jour sur les raisons qui ont motivé ce choix. Ces dernières heures, Adam Yates, le frère de Simon, qui court lui sous les couleurs d'UAE Team Emirates, a livré plus d'explications...

Début janvier, Simon Yates, le lieutenant principal de Jonas Vingegaard au sein de la Visma-Lease A Bike, vainqueur du Tour d'Italie la saison dernière, a annoncé à la surprise général qu'il mettait un terme à sa carrière à quelques jours à peine de la reprise des compétitions, et ce alors que son programme pour l'année avait été établi et qu'il avait accompli toute la préparation.

« Est-ce que j'en ai parlé avec lui ? Quelques fois, oui »

La soudaineté de son annonce, comme son timing inhabituel, a fait l'effet d'un coup de tonnerre dans le peloton, suscitant de nombreuses réactions et interrogations, certains anciens coureurs comme Tom Dumoulin évoquant l'hypothèse d'un burn-out : « J'ai été incroyablement surpris en apprenant l'arrêt de Simon Yates dans la presse. C'était même inattendu pour ses coéquipiers, alors j'imagine le choc au sein de l'équipe. Je comprends parfaitement Yates, car j'étais dans la même situation que lui. Au final, le cyclisme est l'un des sports les plus exigeants au monde, si ce n'est le plus exigeant. On est loin de chez soi toute l'année, les heures et l'intensité des entraînements sont extrêmement élevées, sans parler de la pression de la victoire et des risques inhérents à la discipline. Les exigences sont implacables. Certains coureurs y font face sans problème, mais d'autres, malgré leur force de caractère, ont peut-être une meilleure idée de leurs limites. Je n'arrivais pas à sortir de ce cercle vicieux. Pendant des années, ma vie tournait autour du vélo, du vélo et encore du vélo. Rien d'autre. Bien sûr avec la pression et l'obligation de performer chaque jour. Pendant des années, j'ai eu l'impression de ne pas maîtriser ma carrière. Et dans mon cas, ne pas maîtriser ma carrière signifiait ne pas maîtriser ma vie. J'avais le sentiment de devoir constamment me plier aux besoins et aux désirs des autres. Tout le monde savait ce que je devais faire à chaque instant, mais en même temps – et c'est difficile à dire – personne ne m'a jamais demandé : « Salut Tom, comment ça va ? » C'était épuisant. Tellement épuisant que je suis tombé en dépression. J'ai même commencé à détester le vélo. Je détestais le vélo. Je n'en voulais plus dans ma vie. Visma est l'équipe la plus professionnelle et la plus performante au monde, encore plus que UAE de Pogacar. Tout repose sur les données, sur une analyse détaillée. Leur système est tellement perfectionné et structuré que, parfois, un cycliste peut se sentir piégé. Chez Visma, chaque décision est débattue. Si un coureur ne se sent pas bien et décide de sauter ses séances d'entraînement, cela provoque de longues discussions au sein de l'équipe. Je suis convaincu qu'un coureur comme Yates avait plus de liberté dans d'autres équipes. Je suis certain qu'il pouvait poser son téléphone chez Jayco et s'entraîner comme il le souhaitait, car ces petits ajustements d'entraînement étaient acceptés et compris. Visma, c'est différent. Tout est plus exigeant ».

« Dans ces cas-là, il vaut mieux arrêter que de prolonger la souffrance »

A l'occasion d'un entretien avec le média hollandais Wielerflits, Adam Yates, frère jumeau de Simon, qui court lui au sein de l'équipe UAE Team Emirates, a répondu à ces interrogations en livrant son témoignage dans des propos rapportés par cyclinguptodate.com : « Est-ce que j'en ai parlé avec lui ? Quelques fois, oui. Mais j'étais en Australie, et à cause du décalage horaire, ce n'était pas toujours facile de discuter. Il a dit qu'il n'avait plus la motivation et qu'il n'était plus motivé. Voilà. Dans ces cas-là, il vaut mieux arrêter que de prolonger la souffrance. On fait ça depuis longtemps ; on est pros depuis 2014 et on fait du vélo depuis l'âge de 8 ou 9 ans. Parfois, on se lasse de quelque chose, alors il faut changer ».

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