Tennis
Rafael Nadal peut-il renverser Novak Djokovic à Roland-Garros ?

C’est finalement en soirée que se déroulera le choc entre Rafael Nadal et Novak Djokovic à Roland-Garros, leur 59e confrontation. Une programmation qui donne un avantage certain au Serbe, d’autant que l’Espagnol a dû lutter plusieurs heures dimanche pour obtenir son billet pour les quarts de finale alors que son état physique préoccupe. 

C’est la finale avant l’heure. Ce mardi (à partir de 20h45), Rafael Nadal et Novak Djokovic se retrouvent sur la terre battue parisienne à l’occasion des quarts de finale de Roland-Garros. Leur 59e confrontation, la 10e du côté de la Porte d’Auteuil, où l’Espagnol possède l’avantage avec sept victoires contre deux pour Nole, vainqueur en 2021 en demi-finale lors de leur dernier affrontement. Et cette année encore, le numéro 1 mondial semble bien parti pour l’emporter face au 13 fois vainqueur de Roland-Garros. Le Majorquin a déjà puisé dans ses ressources pour se hisser à ce niveau de la compétition en livrant une partie dantesque longue de plus de quatre heures face à Félix Auger-Aliassime (3-6, 6-3, 6-2, 3-6, 6-3) dimanche. Un élément loin d’être anodin alors que la préparation de Rafael Nadal pour le Grand Chelem parisien a été tronquée par une blessure aux côtes l'obligeant à s'éloigner des courts pendant plusieurs semaines jusqu'au Masters de Madrid au début du mois de mai. À Paris, Djokovic a fait preuve d’une facilité déconcertante jusqu’à maintenant, prenant le dessus sans trembler sur Diego Schwartzman (6-1, 6-3, 6-3) dimanche, tandis que Nadal a pour sa part passé près de trois heures de plus sur le court, tout en totalisant deux sets perdus. Pour ne rien arranger, la programmation de ce quart de finale tant attendu ajoute une difficulté supplémentaire pour le roi incontesté du tournoi parisien. 

« Les conditions nocturnes ? Ça convient mieux à Djoko »

C’est à l'abri du soleil ce mardi soir que s’affronteront Rafael Nadal et Novak Djokovic au terme d’un long suspense et d’un autre duel, entre les deux diffuseurs cette fois-ci, France Télévisions et Prime Vidéo. Le choc aura finalement lieu en night session (à partir de 20h45), diffusé gratuitement sur la plateforme, et cet élément impactera directement le Taureau de Manacor. « Si la balle est plus vive et gicle plus, c'est mieux pour Nadal car il base son jeu là-dessus. Et ça ne sera pas le cas le soir », juge Laurent Raymond, entraineur de Corentin Moutet. « Je donne un petit avantage à Djokovic quand même, la balle giclera moins du coup droit de Rafa, elle restera un peu plus bas et Novak va bien aimer. Dans ces conditions nocturnes, tout est plus lent, c'est dur de faire un coup gagnant, dur de déborder l'adversaire et ça convient mieux à Djoko », estime pour sa part Marcos Baghdatis, dans des propos relayés par L’Équipe. Un point de vue partagé par le double finaliste à Roland‐Garros Alex Corretja sur Eurosport. « Bien sûr que le jeu de Rafa n’est pas aussi efficace le soir. Il aime mettre beaucoup d’effet dans la bar, ce qui signifie que la balle rebondit plus. S’il joue la nuit, la balle rebondit un moins donc c’est mieux pour le jeu de Novak. Les conditions sont évidemment les mêmes pour tout le monde, elles avantagent plus ou moins votre jeu. Pour le jeu de Rafa, c’est toujours mieux quand il y a du soleil. » L’imprévisibilité de Rafael Nadal reste toutefois un point à ne pas négliger, et certains observateurs se refusent d'écarter totalement les chances de victoire de l’Espagnol.

« Il ne faut jamais enlever Nadal de l’équation » 

« Novak a un petit ascendant, il est un petit peu mieux physiquement, a joué plus de matches dans les semaines précédentes. Rafa va plus vers l'inconnu de par son pied et une préparation loin d'être idéale, reconnaît Guy Forget, estimant néanmoins que le spécialiste de la terre battue peut tirer son épingle du jeu. C'est un garçon qui a tellement de ressources et qui a réussi à se sortir de tellement de situations difficiles par le passé qu'il ne faut jamais l'enlever de l'équation. Sur le papier, on pourrait penser que jouer de nuit avantage un peu moins Nadal. Mais je me souviens de la fois où il a battu Novak avec des nouvelles balles, en indoor, sous les projecteurs, il l'a battu alors que c'étaient des choses tout à fait nouvelles pour lui. » Novak Djokovic a en effet reconnu souffrir également des conditions différentes provoquées par la programmation nocturne après sa victoire au premier tour contre le Japonais Yoshihito Nishioka : « Les conditions sont vraiment très lentes. La balle ne rebondissait presque pas et c'est très dur de la traverser. » Henri Leconte minimise lui aussi l’impact de la night session sur Nadal, préférant plutôt mettre l’accent sur son état physique préoccupant. « Bien sûr les conditions nocturnes vont jouer, mais elles jouent partout et ça fait aussi partie de l’intox. Et s'il faut un favori, je mettrais plutôt Djokovic. Il me semble plus efficace, il n'a pas puisé. Mais Rafa est tellement extraordinaire qu'il est capable de faire quelque chose d’incroyable, explique le Français dans des propos retranscrits par L’Équipe. Cependant, si ça dure, je pense que ce sera compliqué. Est-ce que son pied va le laisser tranquille ? Il ne faut vraiment pas rater ce match. En plus, je pense que c'est potentiellement le dernier de Nadal ici, il souffre tellement… » Les capacités athlétiques de Nadal apparaissent également comme la clé du match aux yeux de Tommy Haas : « Si Rafa se montre capable de tenir 3 ou 4 heures, car ça va être un long match, difficile de dégager un favori évident. » 

« Je ne pense pas que ce sera un handicap », assure le clan Nadal

Dans le clan Nadal, on reste confiant malgré le contexte, rappelant ses exploits précédents dans la capitale française. « Rafa se remet norma­le­ment bien de ces mara­thons, surtout sur terre battue. Il n’y a norma­le­ment pas de problèmes. Je ne pense pas que ce sera un handicap. Il est reposé et frais. Tout va bien, relativise son entraîneur Carlos Moya à l’AFP. Pour moi, sur terre battue, Rafa est toujours le favori, même lors­qu’il aban­donne (rires). Bien sûr, je fais partie de l’équipe et il m’est diffi­cile de ne pas être partial. Nous atten­dons toujours le meilleur de Nadal et je pense qu’il sera à son meilleur ce mardi pour pouvoir gagner. C’est un match très diffi­cile, mais nous pensons que Rafa est prêt. » Cette nouvelle, et peut-être dernière manche dans la rivalité entre Rafael Nadal et Novak Djokovic promet en tout cas un spectacle qu’il ne faudra pas rater, et permettra à l’un des deux hommes d’entrer un peu plus dans l’histoire s’il le fallait encore. L’Espagnol est en lice pour décrocher un 14e Roland-Garros, tandis que Novak Djokovic a l’occasion de remporter son 21e Grand Chelem, et de rattraper ainsi Rafael Nadal, premier joueur de l’histoire à avoir atteint ce cap plus tôt dans l’année en Australie.

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