Tennis
En finale de Wimbledon grâce à James Bond

Le 27 juin et le début de Wimbledon approchent. L’occasion de revenir sur l’une des plus belles histoires du tennis français. En 2007, Marion Bartoli atteint sa première grosse finale. Une édition qui garde une place particulière dans son cœur. C’est dans Legends’ Voice sur Eurosport que Marion Bartoli revient sur ce lien entre sa vie et Wimbledon.

Marion Bartoli, dans sa jeune enfance a toujours considéré Wimbledon comme un rêve. Un tournoi qui bascule dans le domaine du magique. C’était le début de son amour pour ce sport qui deviendra sa raison de vivre. « Petite, j'enchaînais Roland-Garros et Wimbledon à la télé, je regardais tous les matches et je voyais Pete Sampras gagner le tournoi quasiment chaque année. J'ai rêvé d'être comme lui, de soulever le plateau en or sur le central, devant la box royale. C'étaient des images qui me faisaient rêver, de me dire qu'en partant de Retournac en Haute-Loire, j'aurais peut-être la chance de prendre mon sac de raquettes et d'emprunter un jour ce fameux couloir qui t'amène jusqu'au Centre Court, avec la phrase de Kipling, etc. C'était un immense rêve qui me paraissait totalement inaccessible. »

Incroyable Wimbledon 2007

C’est en 2007 que le destin frappa. Bartoli est en confiance et enchaîne les bons résultats. Chanda Rubin, top 10 mondial. Au premier tour, déjà, Bartoli réussit à se sortir du piège italien de Flavia Pennetta, qui était une joueuse redoutable sur gazon. Match après match, tout semble sourire à Bartoli. « Quand il fallait finir avant la pluie, je finissais avant la pluie, quand j'étais sur un match un peu tendu et que j'avais besoin d'une coupure, la pluie tombait pour que je puisse récupérer ou avoir un petit conseil tactique. C'était l'alignement des planètes. »

« Je suis dans mon rêve »

C’est lors de la demi-finale contre la grande favorite, la Belge Justine Hénin. La boucle est bouclée quand elle traverse le couloir pour se rendre sur le court. « Je prends mon sac et, pour la première fois de ma vie, je passe dans ce fameux couloir avec la galerie des trophées, qui sont tous bien mis en valeur. Le tableau avec le palmarès. Martina Navratilova. Serena Wiliams. Steffi Graf. Pete Sampras. Tous ces immenses champions qui ont marqué ce tournoi magique. Il y a la fameuse phrase de Kipling. Là, je vois en vrai le film que je me suis fait en rêve depuis toute petite des milliers de fois. Je suis dans mon rêve. Mais pour la première fois, c'est vrai. »

Pierce Brosnan dans les gradins

Prise par l’enjeu, Marion Bartoli perd ses moyens. Fan de James Bond, le destin sourit pour la Française. Pierce Brosnan était présent dans la box royale. Une présence aux valeurs thérapeutiques et motivantes pour Marion Bartoli. « Pour arriver à me détacher de l'événement, je me suis mise à moins penser à ça, et juste à jouer pour Pierce Brosnan pour qu'il ait une bonne impression de moi. Je me disais : Tu fais ce que tu veux Marion, mais tu dois rester au moins une heure et demie de plus sur ce court pour que Pierce Brosnan te voie jouer au moins deux heures. Il n'est pas question de continuer comme ça.' James Bond m'a sauvé, voilà. Mais ça m'a libérée, moi la petite fille venant de Retournac, du poids de tout ça, du court central, de mon rêve de petite fille. Je jouais juste pour quelqu'un qui représentait beaucoup pour moi-même s'il n'était pas du monde du tennis. ».

« C'était irréel »

Bartoli est mieux dans son jeu, au terme d’un deuxième set serré, c’est la Française qui sort victorieuse. Et là, rien ne peut l’arrêter. Marion Bartoli entre en état de grâce. « Tout ce que je tentais, je le réussissais. C'était irréel. J'étais dans la fameuse zone. L'état de grâce. Je suis passée du noir au blanc en 45 minutes. Je mets 7 jeux de suite à Justine qui archidominait le tennis féminin pour mener 5 - 0 dans le troisième. Je gagne 6 - 1, je tombe à genoux sur le central. Je me dis Je l'ai fait. J'ai très rarement retrouvé ce sentiment de plénitude. »

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