Les coulisses du Real Madrid regorgent de bruits en tout genre concernant Mourinho, avec en point commun, des relations tendues entre l’entraîneur et son président. Des tensions devenues publiques.
Le Real aime et tient à son image d’institution sacrée, chantre du fair-play et d’une élégance prônée sur et en dehors du terrain. Une image à laquelle a du mal à coller José Mourinho depuis son arrivée. Ce décalage semble avoir trouvé son point d’orgue lors de la défaite des Merengue au FC Séville.
Pas la même vision des choses
La scène se passe le 15 septembre au stade Sanchez Pizjuan de Séville. Le Real vient de perdre en produisant un match médiocre pendant que le Barça est invaincu et tue la Liga. Florentino Perez, président de la Maison Blanche, descend dans les vestiaires et essaye de rassurer les joueurs. C’est alors que José Mourinho lâche une phrase incroyable : « Vous devriez nous dire d’aller nous faire enc… » Inimaginable. La phrase, rapportée par Jose Antonio Luque dans l’émission Punto Pelota, estomaque Angel Sanchez, le directeur général du club, ainsi que les joueurs.
En fait, il ne s’agit pas d’une insulte, mais de la volonté du Portugais de voir son président agir autrement que comme un père de famille bienveillant. Bien qu’il ait remercié son patron pour le soutien affiché, Mourinho aurait voulu que Perez mette une « soufflante » à ses joueurs, et à lui-même aussi. Un « hairdryer » façon Alex Ferguson.
L’incident de trop ?
La réponse de Florentino Perez reste très «madridiste ». « Non. Nous sommes le Real Madrid et nous avons toujours le temps et la volonté de remonter (au classement), affirme le Prési’. Nous sommes une grande équipe, de grands joueurs, et nous pouvons faire de meilleurs matchs. » Une divergence de point de vue manifestée publiquement, qui a sans doute allumée la flamme d’un torchon qui brûle, doucement mais sûrement, entre Mou’ et sa direction. Peu habitué à l’élégance dans le propos, adepte de l’offensive envers les arbitres et les adversaires depuis ses débuts, le Portugais ne colle plus du tout au style Real, tout en retenu et en sobriété. La flamboyance chez les Madrilènes, doit uniquement venir du terrain.
C’est, selon les médias ibériques, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Si José est un coach qui sait gagner, Florentino veut qu’il le fasse avec classe et panache. Deux choses dont Mourinho est peu coutumier. Dans une institution où l’image est aussi importante que le résultat, ça peut être une cause de divorce.
Par Ryad Ouslimani