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On adore le détester

ASSE : Brandao, le pestiféré revenu en grâce

Brandao

Un non-lieu a finalement été prononcé dans l’affaire Brandao. Un soulagement pour le joueur, sur lequel une épée de Damoclès menaçait de tomber. Retour sur 18 mois à rebondissements.


Les footballeurs étant devenus des personnages médiatiques, leur vie privée est passée au crible et le moindre fait est bien souvent relayé à vitesse grand V. Ce fut le cas pour Brandao, avant-centre de Marseille, accusé de viol et qui aura connu un an et demi compliqué, période qui aura vu sa carrière revêtir les allures d’une valse, à trois temps.


Acte I : Brandao le pestiféré

Mars 2011, Brandao est l’avant-centre d’un Olympique de Marseille à la lutte pour réaliser un nouveau doublé Championnat / Coupe de Ligue. Mais à Marseille, la sérénité est un état anormal, et l’attaquant brésilien va devenir alors l’acteur d’un feuilleton judiciaire. Une jeune Aixoise de 24 ans l’accuse en effet de viol sur une aire d’autoroute en rentrant d’une soirée, dans la nuit du 1er au 2 Mars 2011. Mis en examen mais laissé en liberté, le joueur est immédiatement mis à pied par son club. Quelques jours plus tard, il est prêté à Cruzeiro pour lui faire quitter l’ambiance marseillaise. Le temps que ça se tasse. L’enquête suit son cours et le Brésilien est obligé de revenir à Marseille pour une confrontation avec son accusatrice, le 19 octobre 2011. Entre temps, en août, l’attaquant malhabile avait rejoint le Gremio Porto Alegre.


Acte II : Le retour de l’excommunié

« Chassé » de la ville pour fuir une éventuelle vindicte populaire ou une prise en grippe sur les terrains de France, Brandao est rappelé par l’OM pour raisons…économiques. Avec un effectif en manque d’une rotation au poste d’attaquant, déshabillé par la CAN, Didier Deschamps refait appel au joueur, sous contrat avec le club phocéen. Le 19 janvier 2012, le retour est officialisé. « C'est un joueur qui nous appartient. C'est un joueur de l'OM, donc il faudra voir.» 10 jours avant, Deschamps avait déjà préparé le terrain. Une décision justifiée par la présomption d’innocence mais qui fera parler d’un point de vue médiatique (les associations féministes notamment). Coté coulisses, les avocats du club se sont assurés qu’il n’y aurait pas de souci dans l’immédiat et que l’issue s’annonce favorable pour le joueur. Sifflé dans les stades de Ligue 1, Brandao s’accroche et se recentre sur son métier.


Acte II : Le retour en grâce


Brandao n’est pas un joueur comme les autres. Maladroit, disgracieux, il arrive néanmoins à devenir un héro. Tout d’abord sur le terrain. Généreux et « mouillant le maillot », le Brésilien devient décisif. Le 13 mars 2012, San Siro, 1/8 de finale de la Ligue des Champions. Marseille a gagné 1-0 à l’aller, et l’Inter mène 1-0 à quelques minutes de la fin. Sur un long dégagement, Brandao contrôle du…dos et frappe au but. C’est dedans. L’OM ira en quart de finale pour la première fois depuis 19 ans.
15 Avril, Stade de France, Finale de Coupe de la Ligue. Sur un centre de la gauche, « Brandade » effectue un contrôle…trop long, mais s’arrache pour mettre le ballon entre les jambes de Lloris. L’OM décroche sa troisième coupe consécutive. L’affaire de viol est toujours en suspend mais l’heure est à la célébration de ce parfait anti-héro.
28 septembre 2012 : transféré pendant l’été à l’AS Saint-Etienne, le Brésilien voit la fin du cauchemar. Buteur en Coupe de la Ligue (encore) le mercredi, il est surtout blanchi dans l’enquête judiciaire. Brandao ne meurt jamais.


Ryad Ouslimani