Lors de la Coupe du monde 1998, l'Equipe de France a réalisé un incroyable parcours pour décrocher le premier titre mondial de son histoire. Beaucoup de joueurs voulaient participer à cette aventure à domicile mais dans l'histoire, il y a forcément eu des déçus. Un ancien milieu défensif raconte cet épisode difficile de sa carrière.

Pour cette grande compétition organisée à domicile, le sélectionneur de l'Equipe de France à ce moment-là, Aimé Jacquet, a dû faire des choix pour la composition de son équipe. Pour certains qui avaient honoré des sélections chez les Bleus à cette époque-là et qui n'ont pas pu disputer la Coupe du monde, la sentence a été plus difficile à accepter.
Pierre Laigle privé de Coupe du monde
Ancien joueur formé au RC Lens, Pierre Laigle évoluait à la Sampdoria au moment de la Coupe du monde 1998. Il avait joué 8 matches depuis 1996 avec les Bleus et pensait avoir une chance de disputer cette compétition à domicile. Mais tout ne s'est pas passé comme prévu puisqu'il a fait partie de ceux qui ont été pré-sélectionnés mais pas pris parmi les 22 de la liste finale. « J'aurais aimé jouer cette Coupe du monde 98... Je me suis blessé quatre jours avant le match d'inauguration du Stade de France avec les Bleus contre l'Espagne (1-0, le 28 janvier 1998). Mon épaule est sortie lors d'un décrassage avec la Samp'. J'ai dû déclarer forfait. Un coup d'arrêt. Je ne suis revenu dans le groupe qu'en avril, mais sans jouer... » explique-t-il à L'Equipe dans une interview il y a quelques jours.

« Aimé Jacquet, je ne voulais plus en entendre parler... »
Déçu par la tournure des événements, Pierre Laigle ne disputera finalement pas la Coupe du monde et ne rejouera même plus en Equipe de France par la suite. « Et il y a eu ce jour à Clairefontaine où Aimé Jacquet me tape sur l'épaule : "Ce soir rendez-vous dans la chambre." On était six (écartés de la sélection : Nicolas Anelka, Ibrahim Ba, Martin Djetou, Sabri Lamouchi, Lionel Letizi). Un moment difficile. On m'en reparle à chaque fois que des listes sont données avec les réservistes. J'étais malgré tout content que l'équipe gagne parce que je suis français avant tout. Après, j'ai participé aux matches de bienfaisance de France 98, même si, au début, Aimé Jacquet, je ne voulais plus en entendre parler... Mais je ne me sentais pas à ma place. Je prenais du plaisir à y aller jusqu'au moment où j'ai dit stop. Ils ont des souvenirs, ça ravive les miens. C'était leur moment » regrette-t-il.