L'an dernier, alors qu'elle avait décidé de lancer une grande offensive en direction de Pogacar sur la troisième semaine du Tour de France, estimant que l'endurance de Vingegaard pouvait lui bénéficier, la Visma-Lease A Bike avait soudainement stoppé ses opérations alors qu'elle était parvenue à isoler le Slovène, semblant estimer ce dernier intouchable. L'équipe hollandaise le promet aujourd'hui, elle a retenu la leçon...
L'an dernier, la Visma-Lease A Bike avait décidé de miser sur une grande offensive en troisième semaine pour renverser Pogacar et remporter le Tour de France, misant sur ce qu'elle estime être le point fort de Vingegaard face au Slovène : son endurance. Seulement alors qu'elle était parvenu à isoler le maillot jaune suite à une ascension terrible de la Madeleine dans la première étape reine des Alpes, la formation hollandaise avait soudain stoppé ses opérations dans la vallée menant au col de la Loze, semblant convaincue que Pogacar était intouchable.
L'équipe de Vingegaard a compris qu'elle avait stoppé son offensive trop tôt l'an dernier...
Seulement quelques jours plus tard, Van Aert sortait de sa roue un Pogacar visiblement fatigué sur les pavés de la rue Lepic pour lever les bras sur les Champs-Elysées. Et quelques semaines après l'arrivée du Tour de France, Tim Wellens, l'un des équipiers du Slovène chez UAE Team Emirates, avait confié : « Il me semble que Tadej en a parlé, donc on peut le dire maintenant. Sur l'étape de Valence, il me dit : ''Tim, on a un problème j'ai super mal au genou''. A tel point qu'il est descendu jusqu'à la voiture du médecin pour se faire ausculter. Il est allé à l'hôpital après la course pour passer des examens, ils lui ont trouvé une inflammation ou quelque chose dans le genre, et personne ne l'a su ! J'étais persuadé que ça fuiterait. Il a beaucoup souffert, on avait des doutes sur sa capacité à aller au bout. On a pensé à son abandon. Dans le bus, on voyait que son corps n'était pas bien, il était tout liquide. C'était un soulagement de le voir tenir jusqu'à Paris. Et c'était un soulagement qu'il ne lâche pas en montagne. Tout le monde se demandait pourquoi il n'attaquait pas, en fait, c'était compréhensible. Après on s'inquiétait pour lui physiquement, mais mentalement, j'étais étonné de lire qu'il avait hâte de rentrer à la maison ».
« Pogacar, ses interviews après le Tour ont montré que nous étions en bonne voie de le battre l’an dernier »
Autant d'éléments qui n'ont bien sûr pas échappé au staff de la Visma-Lease A Bike, qui en a tiré des conséquences. Et à l'heure où Vingegaard s'attaque au doublé Giro-Tour, Griescha Niermann, le directeur sportif principal de la formation hollandaise, affirme que les leçons du passé ont été tirées et que l'équipe s'attaque à ces objectifs armée d'une conviction renforcée, déclarant dans des propos rapportés par le Het Laatste Nieuws : « Nous sommes convaincus que Jonas peut être meilleur sur le Tour que sur le Giro. Notre approche a porté ses fruits ces cinq dernières années, puisqu'il est monté sur le podium chaque année, mais cette fois-ci, c'est différent. Bien sûr, rien n'est garanti, mais les statistiques des années où il a enchaîné le Tour et la Vuelta nous laissent penser que c'est envisageable. On vise toujours la victoire sur le Tour, car c'est la course cycliste la plus prestigieuse au monde. Battre Tadej sur le Tour, c'est notre plus grand objectif, et c'est ce qui nous motive chaque matin. Et ses interviews après le Tour ont montré que nous étions en bonne voie de le battre l’an dernier ».